Bruxelles, 14/09/2011 (Agence Europe) - Le premier volume du guide de l'Europe sociale consacré à la question de l'emploi a été publié par la Commission européenne, lundi 12 septembre. C'est une publication bisannuelle qui vise à donner un aperçu qui « explique les actions politiques et les instruments au niveau européen et fournit des exemples des meilleures pratiques à partir des États membres de l'UE » dans le cadre de la stratégie européenne 2020 dont les objectifs se résument à atteindre un niveau d'emploi de 75%, un taux d'achèvement de l'enseignement supérieur de 40%, à réduire l'exclusion scolaire en dessous de 10%, ainsi qu'à aider au moins 20 millions de personnes à sortir d'un état de risque de pauvreté et d'exclusion sociale. Ces objectifs sont d'autant plus ambitieux qu'une crise économique et financière, sans fin pourrait-on penser, frappe actuellement l'Europe et le monde.
Les perspectives économiques, sans être catastrophiques pour le moment, présagent une reprise plutôt modeste en termes d'emplois. Pour cette raison, les indications du guide pour l'Europe sociale devraient être particulièrement appliquées pour tenter, à défaut de faire mieux, d'empêcher une hausse générale du chômage au sein de l'UE. Dans son quatrième chapitre (The Way Ahead), le guide offre une illustration des principales orientations que devraient suivre l'UE et ses États membres dans la politique de gestion de l'emploi. Elles sont regroupées dans trois catégories. (1) Rendre le travail plus attrayant. Une des priorités que se sont fixées les 27 États membres de l'UE est d'encourager les personnes exclues du marché de l'emploi ou se trouvant à sa périphérie due à la précarité de leur situation, comme les jeunes ou les travailleurs dits 'à faible revenu', pour pleinement intégrer le monde du travail. Les voies que prescrit ce guide pour favoriser cette intégration incitent les gouvernements à diminuer l'imposition sur le travail pour favoriser l'embauche, ainsi que permettre la flexibilité au travail en offrant des dispositifs adéquats aux travailleurs, comme des crèches. (2) Remettre les chômeurs au travail. Les allocations de chômage devraient être suffisamment adaptées pour inciter au retour au travail, tout en offrant un soutien adéquat pour préserver les qualifications des demandeurs d'emploi. (3) Équilibre entre la sécurité et la flexibilité du marché du travail.
Dans certains États, l'absence de souplesse dans les contrats de travail nuit à l'équilibre du marché du travail, en discriminant les chômeurs et les intérimaires. Permettre une flexibilité dans l'embauche est alors un enjeu majeur, juge la Commission. Les mesures décrites ci-dessus devraient s'appliquer à court terme. Par contre, pour atteindre les objectifs fixés par la stratégie 2020, le guide de la Commission pour une Europe sociale propose de constituer un « agenda pour une politique d'emploi de l'UE pour 2020 ». Celui-ci pourrait inclure cinq composantes: - stimuler l'entrepreneuriat, le dialogue social et renforcer davantage le lien entre emploi et politique économique ; - augmenter la productivité de la main-d'œuvre ; - encourager une croissance intensive de l'emploi ; - un emploi qualitatif pour tous ; - construire des marchés de travail inclusifs, avec des opportunités pour tous. Vu la diversité des marchés nationaux de l'UE, ces propositions sont plus adéquates pour certains que pour d'autres. Mais le problème est commun. Une personne sur dix parmi la population active au sein de l'UE est sans emploi.
À défaut de solution miracle, ces mesures, sont des indications sur la voie à suivre pour tenter au mieux de concilier les contraintes économiques avec le sens d'une justice sociale. Le guide est disponible gratuitement sur le site suivant: http://www.ec.europa.eu/social/main. jsp?catId=738&langId=en&pubId =6041&visible=1. (J.K.)