Bruxelles, 14/09/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne devrait présenter mardi 20 septembre, la « feuille de route pour une Europe efficace dans l'utilisation des ressources ». C'est du moins l'espoir de Janez Potoènik, commissaire européen à l'Environnement, puisque le projet de texte est actuellement à mi-parcours de la consultation interservices au sein de la Commission. Sésame de la croissance durable, cette feuille de route ouvrira la voie à la concrétisation de la communication 'Une Europe plus efficace dans l'utilisation des ressources' , présentée en janvier dernier comme septième et dernière initiative phare de la stratégie EUROPE 2020 (EUROPE n°10302).
Sachant que les ressources naturelles ne sont pas inépuisables, que la planète est appelée à compter 9 milliards d'habitants à l'horizon 2050 et que « quelle que soit l'activité économique, la question de l'utilisation efficace des ressources se pose, la philosophie qui sous-tend la feuille de route est logique et simple: le business as usual n'est plus une option », a déclaré Janez Potoènik le 14 septembre à un petit groupe de journalistes. « Comment mieux utiliser les ressources, modifier les modes de production et de consommation pour assurer la durabibilité de nos activités dans les limites qui lui sont imposées ? Cette feuille de route répond à la question. Elle ne peut être une solution unique étant donné la complexité du problème et parce que toute proposition de la Commission doit faire l'objet d'une évaluation d'impact préalable », a-t-il ajouté. Toute la difficulté de la tâche consiste à trouver l'équilibre entre la nécessité d'être concret et l'impératif d'obtenir des résultats en temps et en heure. Partant, il ne faut pas attendre à ce stade des objectifs précis et des indicateurs, mais « le début d'un processus qui nous conduira à répliquer ce qui a été fait en matière de climat et d'énergie » en termes de politiques, de mesures et d'objectifs quantifiés, a expliqué le commissaire. La feuille de route couvrira donc tout l'éventail des ressources naturelles, à l'exception de l'énergie (les écosystèmes, la biodiversité, les minéraux, l'eau, les ressources marines) et se concentrera sur trois secteurs clés - l'alimentation, les bâtiments et la mobilité - sur lesquels faire en priorité porter l'effort puisqu'ils consomment à eux seuls 80% des ressources.
Le texte recensera les défis et les opportunités pour l'Europe en proposant une vision à long terme (2050), une étape intermédiaire 2020 et des actions à mettre en place immédiatement, ainsi que les résultats à obtenir. Il traitera aussi des moyens de transformer l'économie en améliorant les modèles de consommation en éliminant les subventions nuisibles à l'environnement, en opérant le transfert de la taxation du travail ver la taxation des ressources, en prenant en compte tous les services liées aux écosystèmes. « Il est question ici de notre compétitivité future, de liens interactifs entre les entreprises et l'environnement sur les questions de compétitivité, en s'attaquant conjointement aux préoccupations environnementales et industrielles, et en mettant l'accent sur l'emploi et le type d'emplois que nous voulons pour la croissance durable », a indiqué le commissaire. Enfin, la feuille de route abordera la question de la gouvernance. La Commission est d'avis que l'efficacité des ressources devrait faire l'objet d'un suivi dans le cadre du rapport annuel sur la croissance. Mais plutôt que de créer une agence pour ce faire, la Commission envisage plutôt « la création d'une plate-forme rassemblant tous les commissaires concernés, les États membres, la société civile et l'industrie », a déclaré le commissaire. (A.N.)