Bruxelles, 13/09/2011 (Agence Europe) - L'unité et la solidarité de l'UE sont la meilleure réponse aux différentes crises que nous traversons. C'est le message qu'a voulu faire passer le président polonais Bronis³aw Komorowski dans son discours devant le Parlement européen, réuni à Strasbourg, mardi 13 septembre. Scindé en deux parties, l'une historique, l'autre orientée vers les temps actuels, le discours du président polonais a ainsi voulu mettre en perspective les défis qu'engendrent les différentes difficultés économiques actuelles, symbolisées par la situation de la Grèce, auxquelles doit faire face l'UE, ainsi que les réponses qu'on doit y apporter. En rappelant son propre parcours politique, de la conspiration contre un pouvoir qui lui déniait le droit à la liberté d'expression, jusqu'au jour présent, où en tant que président d'une Pologne membre de l'UE, il s'adresse à un Parlement qui de facto et de jure est pleinement européen, le président Komorowski a souhaité rappeler l'immense travail effectué dans l'édification d'une maison commune en Europe. Un édifice bâti en dépit de nombreuses difficultés, de différences et de conflits, car « nous avons compris que la diversité est une chance et un atout ». Le chemin parcouru par l'Europe, marqué par d'énormes avancées, mais également par des sacrifices importants, doit constituer un guide qui nous rappelle que nous sommes inexorablement liés par un destin commun. Ce dernier se matérialise aujourd'hui pour le président Komorowski dans trois projets fondamentaux: (1) celui de la politique commune dans les affaires extérieures, de sécurité et de défense, (2) l'espace Schengen et (3) l'union économique et monétaire. Cette mise en perspective historique de la construction européenne a permis au président polonais de souligner tant la gravité de la situation actuelle que d'indiquer la voie à suivre pour y faire face. Ainsi, même si l'Histoire n'apporte pas de réponse prête à être utilisée, elle agit toutefois comme indicateur de ce qui est juste à faire. Et dans ce cas, une des valeurs essentielles sur laquelle l'UE s'est bâtie, c'est la solidarité qui implique à son tour le renforcement de l'unité de cette communauté. « Nous sommes aujourd'hui dans un tournant, le moment le plus difficile depuis le début de l'intégration européenne », a déclaré le président Komorowski pour souligner l'importance des enjeux autour de la monnaie unique. Si l'euro devait être abandonné, il s'agirait peut-être du début du déclin de l'UE, prévient-il. La crise de la monnaie unique ne remet pas en cause l'intégration, mais révèle plutôt certains dysfonctionnements. Ne devrons-nous pas à l'avenir exiger qu'une intégration approfondie soit possible uniquement avec des États dont l'économie nationale est saine et forte, s'est interrogé le président. La possibilité d'une intégration à plusieurs vitesses est ainsi clairement mise en avant. Pour préserver cet acquis fondamental qu'est l'euro, le président polonais, tout en désignant le Parlement comme le « garant de la solidarité européenne », a directement fait appel aux eurodéputés pour qu'ils adoptent le plus rapidement possible les propositions législatives relatives à la gouvernance économique et les propositions dites « six pack ». Loin d'être juste une solution de secours, ce paquet est une véritable chance, selon le président Komorowski, pour renforcer l'UE, pousser plus loin l'intégration politique à travers une meilleure coordination économique et financière, et éviter ainsi des conséquences sociales désastreuses. « Plus d'Europe, c'est notre réponse à la crise », a indiqué le président polonais. (J.K.)