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Bulletin Quotidien Europe N° 10451
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/grÈce

'conference call' Merkel-Sarkozy-Papandréou ce mercredi

Bruxelles, 13/09/2011 (Agence Europe) - La chancelière allemande Angela Merkel, le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre grec Georges Papandréou tiendront, ce mercredi, une conférence téléphonique pour faire le point sur la crise de la dette souveraine dans l'Eurozone. Objectif: rassurer sur la capacité des pays de la zone à stabiliser l'état du patient grec et à enrayer les turbulences financières générées par la dégringolade des valeurs bancaires. Depuis début juillet, la capitalisation boursière des banques européennes a fortement chuté (-62% pour la Société générale, -54% pour le Crédit agricole, -53% pour Unicredit, -49% pour Deutsche Bank, selon le quotidien français Les Échos de mardi).

La chancelière allemande a en revanche fait taire les affirmations concernant une initiative franco-allemande sous forme de déclaration, mardi 13 septembre, à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre finlandais Jyrki Katainen. Concernant les garanties que la Finlande réclame en échange de sa participation au 2ème sauvetage grec, elle s'est montrée confiante qu'une solution satisfaisante pour la Finlande et tous les pays de la zone euro serait trouvée, rapporte l'agence Reuters. Au même moment, la présidence française confirmait qu'il n'y aurait pas de déclaration conjointe des deux principales économies de la zone euro, alors que M. Sarkozy s'apprêtait à rencontrer à Paris le président du Conseil européen Herman Van Rompuy.

Italie. Plus tôt dans la matinée à Bruxelles, M. Van Rompuy a évoqué « des périodes très difficiles » qui nécessitent d'agir « avec détermination et courage ». Après une entrevue avec le Premier ministre italien Silvio Berlusconi, il s'est félicité du « paquet ambitieux » des mesures d'austérité « qui a comme objectif d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2013 ». « Son adoption est importante » et « sa mise en œuvre sera primordiale » pour l'Italie mais aussi pour l'ensemble de la zone euro, a-t-il ajouté. Et de qualifier « d'autre pas important dans la bonne direction » le projet d'inscrire dans la constitution italienne une 'règle d'or' visant à « assurer l'équilibre budgétaire à partir de l'exercice 2014 ».

M. Berlusconi a indiqué que le parlement italien voterait sans le modifier, ce mercredi, le paquet de mesures évaluées à « 54 milliards d'euros » soit « 5% du PIB national » présenté par le gouvernement. Sont notamment prévus une augmentation à 21% de la TVA, un prélèvement exceptionnel pour les revenus dépassant 300 000 euros annuels, un alignement à 65 ans de l'âge légal de départ à la retraite des femmes dans le secteur privé à partir de 2014 (EUROPE n°10447). Le Premier ministre italien a aussi évoqué des mesures structurelles à adopter en parallèle afin de limiter « l'oppression bureaucratique » telles que l'accélération des procédures judiciaires, la réduction du nombre de parlementaires nationaux et la suppression des départements. Il a loué la solidité de son pays dont la production manufacturière sera la 2ème en Europe « après seulement l'Allemagne » et qui bénéficie d'une épargne privée et d'un secteur bancaire solides.

Concernant le renforcement de la gouvernance économique dont les dirigeants européens discuteront mi-octobre sur base de propositions de M. Van Rompuy, M. Berlusconi a évoqué la possibilité que l'Europe pousse les États membres à augmenter l'âge du départ à la retraite conformément à l'augmentation de l'espérance de vie. Une manière, selon lui, d'éviter que les dirigeants politiques nationaux perdent le soutien populaire en prenant eux-mêmes de telles mesures. Selon la presse italienne, cette visite à Bruxelles puis Strasbourg a aussi permis au 'Cavaliere' d'éviter une comparution en tant que victime dans le cadre d'un procès d'un entrepreneur douteux pour chantage et extorsion de fonds. À noter que des discussions auraient eu lieu entre l'Italie et la Chine en vue de rachats par Pékin de titres de dettes souveraines.

À l'issue de sa rencontre avec M. Berlusconi à Strasbourg, le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso a lui aussi estimé que les mesures budgétaires et économiques préconisées par l'Italie étaient d'« une importance fondamentale pour garantir la confiance en l'Italie et la zone euro », dans un communiqué. Selon lui, ces mesures permettront à Rome d'atteindre l'objectif d'un budget équilibré d'ici 2013 et contribueront à lever « les obstacles structurels qui empêchent l'Italie de bénéficier pleinement de son potentiel de croissance ». Une fois adoptées, elles devront être mises en œuvre rapidement et de manière rigoureuse et efficace, a-t-il estimé.

Sur la réforme de la gouvernance économique, M. Barroso a fait part d'un consensus avec l'Italie sur la nécessité d'« un approfondissement accru de l'intégration de la zone euro basé sur la méthode communautaire ». « Nous devons renforcer notre union économique et monétaire à la fois en tant qu''union pour la stabilité' et 'union pour la croissance' », a-t-il ajouté. Selon lui, les prochaines étapes à franchir en matière de gouvernance économique consistent à élaborer « les méthodes et les instruments adéquats pour une coordination budgétaire renforcée et une discipline commune » parmi les pays qui partagent la même monnaie, « tout en préservant dans le même temps l'intégrité du marché unique et les politiques communes des 27 États membres ». Le président de la Commission présentera ses idées en matière de gouvernance lors d'un discours sur l'État de l'Union européenne qu'il prononcera fin septembre lors de la prochaine session plénière du Parlement européen.

PE. Les eurodéputés tiendront, ce mercredi à Strasbourg, un débat sur la crise de la dette souveraine. Mardi, les présidents des principaux groupes politiques ont plaidé pour un maintien de la Grèce dans l'Eurozone, en référence à des déclarations venues d'Allemagne favorables à l'abandon par Athènes de la monnaie unique (EUROPE n°10450). Le président du groupe PPE, le Français Joseph Daul, a plaidé pour des « mesures communes fortes » dans des domaines tels que la fiscalité, la retraite et l'innovation. Pour Martin Schulz (S&D, allemand), si la Grèce fait faillite, l'Union européenne ne pourra pas se refinancer. Au nom du groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt a estimé que la crise était symptomatique de « la faiblesse du système intergouvernemental ». Il a réitéré le plan « ambitieux » des libéraux pour résoudre la crise de la dette souveraine qui comprend des mesures comme l'adoption de règles budgétaires strictes, des objectifs contraignants de convergence économique, un plan d'action pour la croissance, la création d'un marché d'euro-obligations et l'élaboration d'un vrai budget européen. Estimant qu'une sortie de la Grèce de la zone euro aurait des « conséquences très graves », le co-président du groupe des Verts/ALE, l'Allemand Daniel Cohn-Bendit, s'est dit lui aussi favorable à une mutualisation d'une partie de la dette des pays de la zone euro. La sécurité pour les investisseurs reviendra uniquement si nous avons un seul marché obligataire dans la zone euro et pas dix-sept marchés nationaux de la dette, a-t-il considéré. (M.B./D.D./E.H.)

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