Bruxelles, 20/07/2011 (Agence Europe) - Les producteurs de viande bovine ont un problème de revenus ces dernières années, en raison notamment de la hausse des coûts de production qui ne se reflètent pas dans le prix que le producteur reçoit. Dacian Ciolos, le commissaire européen à l'Agriculture, a annoncé mardi 19 juillet que le système d'intervention sur le marché de la viande bovine « doit être amélioré » à l'avenir pour prendre en compte cette situation complexe de marché (le marché et les exportations se portent plutôt bien, alors que les producteurs ont un problème de revenus ces dernières années) et pouvoir déclencher de tels mécanismes de manière efficace. L'idée consiste à prévoir un mécanisme d'intervention tenant compte du prix et de la manière dont les marges des producteurs évoluent, a expliqué M. Ciolos. Qui fera des propositions en ce sens dans le cadre du paquet législatif sur la réforme de la politique agricole commune (PAC) attendu en octobre 2011.
Lors du Conseil Agriculture de mardi, à Bruxelles, la Commission a présenté les conclusions du groupe de travail sur le secteur de la viande bovine. Ce groupe s'est réuni à trois reprises depuis mi-juin. Que ressort-il des travaux du groupe de réflexion?
1) Le soutien via les paiements directs reste très important pour garantir le maintien du secteur bovin. Les participants à ce groupe de travail ont souligné le besoin de maintenir un certain degré de soutien couplé (c'est-à-dire lié au niveau de production) facultatif. Le traitement adéquat de certains systèmes de production sans terre a aussi été relevé par le groupe de travail.
2) Les programmes de développement rural doivent comporter des mesures en termes d'investissements durables et d'innovation ainsi que d'outils de gestion de risques.
3) Le fonctionnement de la chaîne alimentaire doit être amélioré pour: - assurer davantage de transparence des prix ; - donner aux producteurs les outils pour augmenter leur pouvoir de négociation, par le renforcement des organisations de producteurs et de l'interprofession.
4) Les outils de gestion de marchés. Le cas des restitutions à l'exportation a été évoqué au sein du groupe. Mais la Commission reste ferme sur ce sujet, soulignant le coût trop important et l'inefficacité de telles mesures. Les autres instruments de gestion des marchés (comme l'intervention) doivent être opérationnels, comme filet de sécurité, sans pour autant mettre en question le principe de l'orientation au marché. Les crises récentes dans les secteurs laitier et porcin ont démontré l'utilité et la pertinence de ces outils. Elles ont aussi montré qu'il faut analyser la santé économique réelle du secteur et que les données prix ne suffisent plus. Ces outils doivent être efficaces et pouvoir se déclencher quand le problème arrive, non quand il a fait des dégâts non récupérables, a conclu en substance le groupe de travail.
Après la présentation des conclusions du groupe de travail, aucun pays n'est intervenu. Lors d'une conférence de presse, Bruno Le Maire, le ministre français de l'Agriculture, a dit à ce sujet: « Je souhaite que la Commission nous fasse des propositions très concrètes pour réguler le marché de la viande bovine, avec des mesures qui permettent à la Commission d'intervenir au premier signe de crise, pas une fois qu'un certain nombre de producteurs sont ruinés ». (L.C.)