Bruxelles, 20/07/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne devrait être en mesure d'annoncer la semaine prochaine le montant des indemnisations versées aux producteurs de légumes et de fruits dont les revenus ont été affectés par la crise de confiance découlant de l'épidémie d'E. coli en Europe. Mais la note risque d'augmenter, si la Commission doit tenir compte de toutes les demandes. Ce dossier a été évoqué mardi 19 juillet à Bruxelles par les ministres européens de l'Agriculture.
La Commission avait annoncé un montant de 210 millions d'euros. Mais les demandes de certains pays risquent de faire exploser cette enveloppe: la Pologne a demandé une indemnisation de ses producteurs à hauteur de 81 millions d'euros, l'Espagne en veut 71 millions, l'Allemagne 16 millions, ou encore la Belgique environ 10 millions. La France a demandé « une meilleure indemnisation au titre de l'épidémie d'E.coli ». Selon ce pays, « le niveau qui nous est proposé aujourd'hui n'est pas satisfaisant et ne répond pas aux attentes des producteurs injustement touchés ». La Commission devra-t-elle refuser certaines demandes pour rester dans les plafonds prévus ?
Mesures d'indemnisation. La décision de la date à partir de laquelle les paiements pourront se faire au titre des mesures d'indemnisation des producteurs sera prise au comité de gestion. La Commission n'est pas en mesure de présenter les chiffres définitifs des montants demandés par les pays. Car ses services ont demandé à quatre pays des précisions sur ces montants. Il faut s'assurer que les demandes faites à la Commission ont été contrôlées sur le terrain par les autorités compétentes, a précisé Dacian Ciolos. Ce complément d'informations devrait être envoyé à la Commission au plus tard vendredi soir 22 juillet. Pour faire en sorte que, la semaine prochaine, le comité de gestion puisse entériner le chiffre final éligible et déclencher la procédure de paiement.
La Commission effectuera des missions d'audit et de contrôle dans tous les pays de l'UE qui ont mis en place ces mesures, et ce avant fin 2011.
Sur la période d'application, le soutien de l'Union concernera uniquement la production qui aurait dû être récoltée pendant la période de crise, c'est-à-dire du 26 mai au 30 juin (ni la production potentielle future ni la production déjà récoltée avant la date du 26 mai ne seront prises en compte).
Situation du marché. Le commissaire a signalé l'existence d'un redressement du marché (aussi bien s'agissant de la consommation que des prix) des légumes et fruits. Pendant la semaine du 4-10 juillet, les prix de marchés sont confirmés à la hausse sur la plupart des marchés: concombres, courgettes et poivrons.
Il existe des produits pour lesquels on constate des prix plus bas que la moyenne de ces dernières années. Mais ceci est dû surtout aux conséquences climatiques (une saison plus chaude a entraîné la mise sur le marché d'une juxtaposition de produits provenant de différentes régions d'Europe alors que d'habitude ces produits suivent un calendrier échelonné dans le temps). C'est le cas pour les tomates et les laitues. Les prix de ces produits risquent de rester de fait plus bas que leur moyenne correspondante des trois années précédentes, expliquent les services de la Commission. S'agissant des quantités commercialisées, les volumes des échanges sur les marchés européens sont revenus à la normale saisonnière.
Pêche et nectarine. Lors du Conseil, la France et l'Italie ont demandé un soutien exceptionnel pour la production de pêches et de nectarines. La Commission a indiqué qu'il ne fallait pas confondre une crise découlant de l'épidémie d'E. coli et une crise de marché spécifique. « Les organisations de producteurs ont des programmes opérationnels qui devraient permettre d'intervenir dans de telles situations », a dit Dacian Ciolos. Le commissaire a indiqué toutefois que la Commission était prête à revoir le prix de référence pour le retrait du marché, notamment pour les pêches et les nectarines. Ce prix d'intervention n'a pas été réévalué depuis quinze ans et ne couvre plus les coûts de production. L'objectif est que cet outil d'intervention fonctionne comme un vrai filet de sécurité.
Promotion. Dacian Ciolos a informé le Conseil que la Commission a mobilisé les moyens qu'elle avait à sa disposition pour pouvoir mettre en place rapidement une action de promotion à l'échelle de l'UE pour la consommation de légumes et de fruits (la Commission a distribué des fruits et légumes à la presse à cette occasion). La Commission a préparé un spot vidéo qui sera mis à disposition gratuitement aux télévisions qui souhaiteront le reprendre pour passer quelques messages simples. Manger des fruits et légumes tous les jours est une nécessité pour notre santé ; les productions communautaires sont de qualité ; il n'y a aucune raison d'avoir des craintes et de restreindre notre consommation. « Il faut retrouver la confiance en nos produits et en nos producteurs », a dit Dacian Ciolos. (L.C.)