Bruxelles, 14/07/2011 (Agence Europe) - Sans surprise, le gros chantier de la présidence polonaise du Conseil des ministres de l'UE en matière de transport sera la révision du réseau transeuropéen (RTE-T), comme l'a annoncé mardi 12 juillet Cezary Grabarczyk, ministre polonais des Infrastructures, aux membres de la commission transport et tourisme du Parlement européen.
La présidence polonaise souhaite une révision du RTE-T équilibrée, pouvant contribuer à sortir l'UE de la crise. Un premier document de la Commission relatif à la révision du RTE-T doit être communiqué vers la fin du mois, ou en septembre. La présidence aura alors trois mois pour obtenir une position commune des États membres et une approche générale serait adoptée lors du Conseil Transport du 12 décembre. Pour Mathieu Grosch (PPE, belge), il s'agit avant tout de « diminuer le nombre de projets et grossir leur portefeuille ». Pour le Belge Saïd El Khadraoui (S&D), il convient de favoriser les projets qui ont une valeur ajoutée européenne, et le principe de « use it or lose it» doit s'appliquer aux crédits octroyés.
Une attention particulière sera donnée à la coopération avec les États tiers, cette volonté s'explique aussi par la position frontalière de la Pologne. Cette ambition de rapprochement avec les régions voisines fait également écho à la récente communication de la Commission pour la coopération avec les États voisins en matière de transport. Une position commune à ce sujet devrait être adoptée lors du Conseil Transport du 6 octobre prochain.
Maritime. La présidence polonaise entend s'attaquer à l'agenda maritime social et plus particulièrement à la révision de la directive sur la formation des gens de mer, une question prioritaire aussi pour les socialistes et les conservateurs au PE. Par ailleurs, M. Grabarczyk a manifesté son intention d'améliorer le fonctionnement de l'agence maritime européenne, en changeant la façon dont elle est administrée. Les décisions en matière de maritime sont à attendre lors du Conseil de décembre.
Aviation. La présidence ne négligera pas le paquet de propositions sur les aéroports que la Commission présentera à l'automne, mais se concentrera surtout sur la manutention au sol. Par ailleurs, et toujours lors du Conseil de décembre, les ministres européens devraient adopter des conclusions sur le financement et la gestion de la phase de déploiement du programme SESAR pour la modernisation de la gestion du trafic aérien en Europe. Toujours dans son souci de coopération avec les États voisins, la Pologne poussera pour faire avancer les négociations de partenariat à l'Est notamment avec l'Azerbaïdjan, l'Ukraine, et la Moldova.
Terrestre. Pour ce qui est du ferroviaire, le ministre polonais s'est montré optimiste, après une rencontre préparatoire avec le rapporteur Debora Serracchiani (S&D, italienne), quant à l'aboutissement des discussions sur la refonte du paquet ferroviaire pour rendre le marché plus concurrentiel,
Quant à la route, la présidence se souciera du bien-être des chauffeurs, en soutenant l'amélioration à apporter aux tachygraphes numériques, des temps de conduite et de repos. Des voix parlementaires se sont élevées pour rappeler qu'il était surtout question de la mise en application des règles en vigueur.
De manière générale, les parlementaires ont manifesté leur intérêt à collaborer étroitement avec la présidence sur base de ce programme. Certains l'ont jugé courageux même, d'autres comme Saïd El Khadraoui ont mis en doute la capacité de s'y tenir d'ici à la fin de l'année. Outre le Conseil Transport du 6 octobre et du 12 décembre, la présidence polonaise organisera un Conseil informel des ministres européens sur les sources de financements non budgétaires des infrastructures. (Cor).