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Bulletin Quotidien Europe N° 10417
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/eurogroupe

Plus d'options pour contrer le risque de contagion

Bruxelles, 12/07/2011 (Agence Europe) - « Ceci est un programme contre la contagion ». C'est en ces termes que le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a qualifié les décisions qu'ont prises, lundi 11 juillet au soir, les ministres des Finances de la zone euro afin d'éviter que la crise de la dette souveraine ne se propage à des pays situés au cœur de l'Eurozone, comme l'Italie. Les ministres souhaitent élargir le champ des options qui leur permettront d'agir contre le risque de contagion, comme l'accroissement de la force de frappe de la Facilité EFSF. La volonté que le secteur privé contribue 'volontairement' aux coûts d'un deuxième plan d'aide à la Grèce est réaffirmée, quitte à prendre le risque que les modalités choisies pour cette participation soient considérées comme un défaut partiel d'Athènes. L'absence d'un message et d'un calendrier clairs ne rassure pas les marchés financiers, qui ont vécu mardi une troisième journée d'affilée sous tension et porté les coûts de refinancement des dettes espagnole et italienne à des niveaux records. Dans ce contexte tendu, la tenue d'un Sommet de l'Eurozone en fin de semaine n'est « pas exclue », a confirmé le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, mardi 12 juillet depuis Madrid.

Réaffirmant leur engagement absolu à garantir la stabilité financière, l'Eurogroupe se dit prêt à adopter de « nouvelles mesures » qui amélioreront « la capacité systémique de la zone euro à affronter le risque de contagion », parmi lesquelles: l'amélioration de la flexibilité et de l'étendue de la Facilité EFSF utilisée à ce jour pour soutenir l'Irlande et le Portugal, l'allongement des maturités des prêts octroyés et la diminution des taux d'intérêt appliqués pour ces prêts. Des propositions législatives devront être soumises « rapidement » aux ministres. « Nous envisageons d'autres instruments que ceux utilisés jusqu'à présent »: c'est la première fois que nous parlons d'un allongement des délais de maturité, c'est la première fois que nous parlons d'un allégement des taux d'intérêt, a indiqué M. Juncker. Élargir la palette d'outils d'intervention à la disposition de l'EFSF accrédite l'hypothèse de l'implication du fonds dans le deuxième sauvetage grec.

Une intervention de l'EFSF sur les marchés secondaires est-elle désormais envisagée ? « Il existe différentes manières d'améliorer la flexibilité » du fonds européen de sauvetage, a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn, soucieux de n'exclure aucune option. En intervenant sur les marchés secondaires, l'EFSF serait en mesure de racheter des titres de dettes de pays en difficulté directement aux investisseurs, ce que l'Allemagne a toujours rejeté jusqu'à présent. La Facilité vient à peine d'être habilitée à acquérir des titres de dette lorsque les pays en difficulté procèdent à des émissions sur les marchés primaires.

Grèce. L'Eurogroupe a accueilli favorablement « les propositions du secteur privé visant à contribuer au financement d'un deuxième programme » pour la Grèce dont l'ampleur devrait être équivalente au premier sauvetage, soit 110 milliards d'euros. « Il y aura une participation du secteur privé », a confirmé M. Juncker, en rappelant les conclusions du dernier Conseil européen. « Nous nous sommes mis d'accord sur le fait que nous devons discuter de différents modèles d'implication du secteur privé », a déclaré la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter.

Cette fois, les ministres apparaissent moins catégoriques sur la nécessité que l'implication du secteur devra éviter un défaut partiel de la Grèce. Alors qu'une telle affirmation figurait explicitement dans leur précédente déclaration, le texte endossé par les ministres se contente d'une référence à la BCE qui a confirmé sa position selon laquelle « un événement de crédit ou un défaut sélectif devrait être évité ». Un défaut grec fermerait l'accès des banques grecques aux liquidités de la BCE et déclencherait une onde de choc aux conséquences imprévisibles dans le système bancaire européen. « Cela ne signifie pas que l'Eurogroupe fera tout son possible pour provoquer un événement de crédit », a nuancé M. Juncker. Mais une telle éventualité ne paraît « plus exclue », comme l'a interprété le ministre néerlandais des Finances, Jan Kees de Jager.

Trois pistes sont envisagées. Les banques françaises suggèrent qu'une partie des titres de dette grecque arrivant à échéance d'ici 2014 soient réinvestis dans des titres à 30 ans ('roll over'). Cette suggestion, qui a les faveurs du Conseil européen, a du plomb dans l'aile depuis que l'agence de rating Standard & Poor's a prévenu que cette modalité entraînerait un défaut grec. Favorable à une participation 'substantielle' du secteur privé, l'Allemagne a remis sur la table sa proposition plus ambitieuse de rééchelonner la dette grecque à travers une prolongation de sept ans de la maturité des titres. La BCE s'y oppose fermement. Réuni au sein de l'Institut international de la Finance (IIF), le lobby bancaire évoque la possibilité de recourir à des techniques de rachat de dette ('debt buy back techniques').

Dans une lettre transmise au président de l'Eurogroupe, le Premier ministre grec George Papandréou condamne avec vigueur l'absence de solution exhaustive à la crise de la dette grecque. « Il ne faut laisser aucune place à l'indécision et aux erreurs qui permettraient à la cacophonie de se substituer à un agenda commun et créerait plus de panique que de sécurité », déclare-t-il, en se plaignant que « la Grèce paie le prix d'une expérimentation et d'une confusion excessives ». (M.B.)

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