Bruxelles, 12/07/2011 (Agence Europe) - En présence de Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne, le groupe LVMH, numéro 1 du secteur du luxe, s'est engagé volontairement, mardi 12 juillet, à renforcer la présence des femmes dans son conseil d'administration. En apposant sa signature à l'initiative « Des femmes dans les conseils d'administration, engagement pour l'Europe », Chantal Gaemperle, directrice des ressources humaines de LVMH, a, au nom de son groupe, accepté de relever le défi que Mme Reding avait lancé aux PDG des plus grandes sociétés européennes cotées en bourse, d'accroître la présence des femmes dans les postes décisionnels pour la porter à 30% d'ici à 2015 et à 40% d'ici à 2020. À ce jour, on est loin du compte car les femmes représentent actuellement 10% des directeurs et 3% seulement des PDG des plus grandes sociétés cotées en bourse.
« Je suis fière que LVMH ait signé. Nous avons besoin de grandes entreprises présentes sur le marché mondial, qui puissent dire qu'il est vraiment important d'avoir des femmes au plus haut niveau décisionnel, des femmes d'entreprises, pas seulement celles qui ont le pouvoir. 60% des universitaires diplômés sont des femmes: c'est un potentiel énorme inexploité. Il faut qu'une entreprise donne une chance aux femmes capables, compétentes pour avoir un équilibre dans les prises de décision.», a déclaré la vice-présidente lors d'une conférence de presse conjointe. Mme Reding a dit combien il importait d'avoir des entreprises « qui ouvrent la voie pour dire nous pouvons le faire », car, selon elle, « c'est dans l'intérêt de nos entreprises et de notre société ». Elle s'est réjouie aussi que « dans les moyennes entreprises, de plus en plus de filles reprennent l'entreprise familiale » dans des secteurs qui ne sont pas caractérisés de typiquement féminins, comme la sidérurgie, par exemple.
En mars 2012, la commissaire fera le point de la situation pour voir « s'il y a une évolution claire, précise et mesurable sans le bon sens ». Si tel est le cas « nul besoin de légiférer », mais dans le cas contraire, « on aura un problème de marché intérieur car plusieurs États membres ont une loi sur les quotas. Des règles différentes sont synonymes de fragmentation du marché intérieur. C'est pourquoi je suis soutenue par le commissaire Barnier. Rendez-vous en mars 2012 ! », a averti Mme Reding. Le Parlement européen, lui, vient de réclamer à la Commission une législation comportant des quotas d'ici à 2012 pour accroître la représentation des femmes au sein des instances dirigeantes si les mesures volontaires ne permettent pas d'atteindre les objectifs visés.
Remerciant Mme Reding « de faire avancer la cause des femmes dans les entreprises», Mme Chantal Gaemperle a indiqué que son groupe comptait 74% de femmes et que 61% d'entre elles exerçaient des fonctions managériales. «Les équipes diverses sont puissantes, la diversité est un moteur de la créativité et de l'innovation », a-t-elle rappelé. (A.N.)