Bruxelles, 12/07/2011 (Agence Europe) - Les représentants du Quartette du Proche-Orient devaient se rencontrer à Washington une seconde fois, mardi 12 juillet, n'ayant pas pu arriver la veille à un accord quant à la façon d'encourager publiquement Israël et la Palestine à relancer le processus de négociations, depuis longtemps bloqué. Frustrés par l'impasse caractérisant les négociations avec Israël, les Palestiniens souhaitent faire une demande d'adhésion à l'ONU, ainsi qu'une demande de reconnaissance de leur État dans le respect des frontières telles qu'elles étaient avant la guerre de six jours de 1967. Ils espéraient que le Quartette (composé de l'Union européenne, des Nations unies, des États-Unis et de la Russie) fasse une déclaration, lundi 11 juillet, poussant Israël à reprendre les négociations. Cependant, aucune déclaration n'a été publiée après le dîner de travail auquel participaient Catherine Ashton, Haute représentante de l'Union, Hillary Clinton, secrétaire d'État des États-Unis, Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU et Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères. Des hauts fonctionnaires américains ont affirmé que le Quartette désirait « accomplir plus de travail en privé, s'entretenir calmement avec les parties, afin de voir s'il est possible de combler le fossé » entre les deux parties.
L'adhésion de la Palestine à l'ONU, qui pourrait signifier la reconnaissance des territoires occupés comme État indépendant, doit tout d'abord passer par le vote du Conseil de sécurité de l'ONU. Israël s'y oppose et leur indéfectible allié, les États-Unis, ont déjà exprimé clairement leur opposition et pourraient aller jusqu'à mettre leur veto à l'adhésion de la Palestine. Les Palestiniens et la Ligue arabe devraient décider samedi 16 juillet de la date à laquelle la demande sera soumise. Si elle venait à être acceptée, l'Assemblée générale de l'ONU pourrait se prononcer par un vote sur la question durant sa prochaine session, qui débutera mi-septembre.
Certaines nations européennes souhaitent vivement empêcher ce changement, et Mme Ashton a fait de son mieux pour que le Quartette se réunisse. Après les révolutions du 'Printemps arabe', certains fonctionnaires craignent que toute action unilatérale palestinienne devant les Nations unies provoque une nouvelle Intifada, voire la troisième révolution palestinienne. La rencontre du Quartette à Washington est probablement la dernière avant le mois de septembre et peut-être l'ultime chance d'encourager les deux parties à renouer le dialogue. De nouvelles négociations pourraient ainsi pousser les Palestiniens à reporter leurs requêtes à l'ONU.
Le dernier cycle de pourparlers de paix a pris fin en septembre 2010, après qu'Israël a refusé le renouvellement d'un gel partiel des colonies. Les problèmes sont néanmoins plus profondément ancrés. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou actuellement en visite en Bulgarie et en Roumanie, dans l'espoir de convaincre ces pays à s'opposer à toute action d'indépendance, insiste sur le fait que les Palestiniens doivent reconnaître Israël comme État juif. Israël souhaite exercer sa souveraineté sur Jérusalem Est et refuse d'accepter des réfugiés palestiniens.
La France estime qu'il est « un peu tôt pour dresser un constat d'impasse » sur le Proche-Orient, a affirmé mardi le ministère des Affaires étrangères. « À notre connaissance, les discussions se poursuivent, nous souhaitons que le Quartette appelle à une reprise des négociations (israélo-palestiniennes) sur la base de paramètres suffisamment précis et équilibrés pour qu'ils soient acceptables par les deux parties, à l'instar de ceux sur lesquels reposent notre initiative », a déclaré le porte-parole du ministère. (LoC)