Bruxelles, 06/07/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen s'est prononcé mercredi 6 juillet en faveur d'une utilisation harmonisée des scanners corporels au sein de l'Union européenne, sous conditions, en vue de contribuer à la lutte anti-terroriste et à la sûreté de l'aviation civile. Les scanners corporels ont un rendement plus élevé que les détecteurs de métaux, utilisés communément dans les aéroports à ce jour, car ils permettent de repérer des objets à caractère dangereux dissimulés sous les habits même s'ils sont en plastique, ou sous forme liquide.
Au cours des débats avant le vote, les parlementaires se sont montrés très préoccupés quant aux risques liés à la santé, à la protection des données et aux libertés fondamentales. C'est pourquoi le rapport de Luis de Grandes Pascual (PPE, espagnol), adopté en plénière mercredi, émet une série de réserves.
Santé. Seuls les scanners dotés de la technologie des ondes dites millimétriques seront autorisés (comme c'est déjà le cas à Amsterdam-Schiphol) car ils n'ont aucun impact sur la santé. Ce qui n'est pas le cas des scanners à rayons X, des radiations ionisantes pouvant à terme être un danger pour l'organisme (ce système est pourtant utilisé à Londres-Heathrow).
Protection des données et de la vie privée. Le PE ne veut pas d'images précises du corps via les scanners corporels. Seule une silhouette pourra apparaître après scannage et comprendre les données relevant de la sécurité. Les informations obtenues devront être utilisées uniquement dans le cadre de la sécurité aérienne et ne pourront pas être sauvegardées.
Des alternatives. Les passagers auront le choix d'accepter ou non de se soumettre au scanner corporel. En cas de refus (comme dans les cas de femmes enceintes, ou de personnes porteuses d'appareils médicaux), un système d'inspection alternatif devra leur être offert.
Le PE espère ainsi, par son vote, ajouter la technologie du scanner corporel aux autres méthodes d'investigation actuellement autorisées par la législation européenne. Les États membres resteront néanmoins libres de l'utiliser ou non, et même d'établir des règles plus strictes que celles que les parlementaires européens envisagent à ce stade. Le commissaire européen aux Transports Siim Kallas s'est engagé à formuler très rapidement des propositions législatives sur base du rapport de M. Grandes Pascual. Le rapporteur pour les libertés civiques Judith Sargentini (Verts/ALE, néerlandaise) a rappelé que la technologie des scanners corporels allait rapidement s'étendre à d'autres secteurs que l'aviation (justice, transport public) et que ce n'était pas au marché de dicter les standards, mais bien aux institutions. (Cor.)