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Bulletin Quotidien Europe N° 10403
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/climat

La Pologne met le frein sur la feuille de route 2050

Bruxelles, 22/06/2011 (Agence Europe) - Pas question de s'engager sur davantage qu'une réduction de 20% des émissions de l'UE à l'horizon 2020, ne serait-ce qu'en évoquant le chiffre de 25%. La délégation polonaise a pris de court ses partenaires en s'opposant, à la dernière minute, le 21 juin au soir, à l'adoption de conclusions du Conseil Environnement sur la feuille de route de l'UE pour une économie à faible teneur en carbone à l'horizon 2050 (EUROPE n° 10402). La plupart des ministres étaient en train de regagner leurs pénates quand le ministre polonais a déclaré que son Premier ministre Donald Tusk s'opposait au compromis qui semblait pourtant à portée de main pour mentionner 25% comme un objectif en ligne avec le chemin à parcourir jusqu'à 2050. La Présidence hongroise n'a donc eu d'autre choix que d'adopter des conclusions… de la Présidence, avec l'aval de 26 États membres sur 27. À l'issue de cette dernière session Environnement sous présidence hongroise, Sandor Fazekas, ministre du Développement rural, qui présidait le Conseil, n'a fait, sur cet échec, aucun commentaire à la presse. « La présidence hongroise souhaite toujours trouver un consensus. Nous avons négocié dans ce sens », s'est-il contenté de déclarer. Devant le Conseil, Connie Hedegaard, commissaire à l'Action pour le climat, qui, en mars dernier, avait démontré que 25% était tout à fait faisable et rentable si l'UE remplissait son objectif d'efficacité énergétique, n'a pas caché sa déception, rassérénée toutefois qu'une grande majorité de ministres soutiennent la feuille de route.

Les conclusions de la Présidence reconnaissent « que les jalons proposés dans la feuille de route (une réduction des émissions de 40% à l'horizon 2030, 60% d'ici à 2040 et 80% d'ici à 2050 par rapport à 1990) constituent la base pour les travaux futurs sur l'action requise pour effectuer la transition de graduelle et rentable ». Elles reconnaissent aussi qu'une réduction de 25% à l'horizon 2020 serait en ligne avec la voie à emprunter et cohérente avec l'objectif climatique à long terme, et invitent la Commission à proposer, à temps, des options pour respecter le jalon de 2030.

Interrogée par la presse avant que ne tombe le couperet de l'échec, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre française a confié: « Il y a eu un vrai débat sur un texte qui servait de base de discussion (le texte préparé au Coreper), mais la Pologne et l'Italie refusaient de le prendre pour base. Est-ce qu'on est prêt à dire des choses concrètes pour 2050 ? Est-on prêt à dire que si l'on va au bout de l'efficacité énergétique 25% 2020 c'est faisable ? La Pologne et l'Italie ne voulaient pas mentionner les jalons comme étant des jalons ». Est- ce à dire que rien ne se fera pendant les six prochains mois sous la présidence polonaise ? « La présidence polonaise met en priorité numéro n°1 le climat et la nécessité d'être présent à Durban. On en saura plus à l'informelle Environnement », a répondu la ministre française.

Les ONG environnementales ont été plus féroces dans leurs commentaires. Pour Jason Anderson, du bureau européen du WWF, la Pologne a « témoigné d'un mépris choquant pour la protection du climat et la revitalisation économique » et « a clairement décidé de freiner tout progrès environnemental » pendant son mandat à la présidence du Conseil. (A.N.)

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