Bruxelles, 21/06/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen a voulu aujourd'hui compenser le manque de clarté de la Commission en matière de sécurité routière suite à sa présentation d'une communication stratégique sur la sécurité routière proposée par la Commission européenne il y a un an. Les parlementaires ont adopté aujourd'hui en commission transport un rapport d'initiative du député allemand Dieter-Lebrecht Koch (PPE) qui va plus loin que la Commission en misant sur des recommandations concrètes pour effectivement diminuer de moitié les accidents de la route d'ici 2020, un objectif phare de la Commission.
Parmi les propositions du Parlement, certaines se concentrent sur les piétons et cyclistes en tant qu'usagers vulnérables, et encouragent notamment le port de vestes réfléchissantes - fameux gilet fluo - à la tombée de la nuit, et du casque pour les cyclistes. D'autres propositions se concentrent sur les tests de vue que les conducteurs devraient réitérer tous les 10 ans, et tous les 5 ans après 65 ans.
Les députés se sont montrés particulièrement concerné par l'alcool au volant, et à ce sujet la tolérance zéro est préconisée, tout particulièrement durant les deux premières années de conduite, et pour les conducteurs professionnels. Le rapport envisage aussi d'intégrer dans les véhicules, sous certaines conditions, des systèmes empêchant la conduite sous alcool (alcolocks), bien que les propositions relatives aient été longuement discutées. De plus, le rapport pousse à harmoniser les limites d'alcool autorisé dans le sang à travers l'Union. Toujours en matière d'harmonisation, les députés ont voté pour une standardisation des limites de vitesse (30km/h dans les zones urbaines) et des définitions des accidentés de la route, afin aussi de mieux les comptabiliser. Cependant lors des débats précédant le vote, bien des eurodéputés se sont aussi montrés concerné par la nécessité de laisser les autorités locales légiférer au mieux selon les spécificités régionales. En ce sens, Mr Koch a bien rappelé que son rapport n'a pas de valeur législative, et qu'il est plus aux États membres d'y trouver des solutions pour réduire de moitié les décès sur leurs routes.
Sanction transfrontalière. Toujours dans un souci de sécurité sur la route, le Parlement a eu, lors de cette réunion de la commission transport, un échange de vue sur l'application transfrontière des sanctions liées au trafic routier après une mise au point de la députée Ayala Sender (S&D, Espagne) rapporteure en la matière. Les mesures préconisées faciliteraient globalement l'échange transfrontalier d'informations sur les infractions à la sécurité routière, un compromis aurait été durement obtenu avec le Conseil et la Commission, le Parlement devrait l'adopter en deuxième lecture début juillet. (Cor.)