Bruxelles, 10/06/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen a réitéré, mercredi 8 juin, sa confiance dans la radionavigation par satellite (GNSS) via le programme européen Galileo, mais met en garde la Commission européenne des défis budgétaires qui attentent le projet.
En adoptant le rapport de Vladimír Remek (GUE/NGL, tchèque) qui accueille favorablement l'examen à mi-parcours des programmes européens de navigation par satellite, le PE demande cependant à la Commission de lancer les quatre premiers satellites (et d'établir une feuille de route claire pour le lancement des quatorze satellites restants) afin que Galileo soit opérationnel dès 2014.
Le PE insiste sur les questions de financement de Galileo qui, en tant que programme européen appartenant à l'Union, devrait être financé principalement par le budget de l'Union. En ce sens, le Parlement suggère qu'un montant annuel prédéfini soit fourni par le budget de l'Union, et qu'un « fonds de réserve Galileo » soit créé afin de financer les coûts supplémentaires imprévus (la Commission estimait récemment qu'1,9 milliard d'euros supplémentaires seraient nécessaires pour atteindre un niveau opérationnel d'ici 2018, ainsi qu'un financement annuel de 800 millions d'euros par an à partir de 2014). Le rapport pointe aussi du doigt des chiffres pour la période après 2013, trop indicatifs au goût du Parlement. Le PE invite donc la Commission à présenter une ventilation plus détaillée du budget d'ici juillet, afin d'éviter à l'avenir un manque de transparence.
Le PE estime aussi que l'obtention de financements supplémentaires va de pair avec une plus grande sensibilisation des décideurs, des investisseurs et du grand public aux retours positifs, tant économiques que sociaux, dont l'Union européenne bénéficiera à long terme via le programme (des recettes qui se chiffreraient à 80 millions d'euros par an d'ici 2030). Des efforts en matière de communication devraient donc être consentis.
Par ailleurs les eurodéputés rappellent l'importance de Galileo au niveau des enjeux internationaux: l'UE doit gagner son indépendance par rapport au système américain GPS et fournir un service plus performant. Il est aussi urgent pour l'Europe de ne pas se faire devancer par les concurrents russe, indien ou japonais, et d'assurer suffisamment de compatibilité et d'interopérabilité du système satellitaire afin, notamment, d'attirer les marchés d'Amérique latine, d'Asie du Sud-Est ou d'Afrique.