Bruxelles, 10/06/2011 (Agence Europe) - Les recommandations par pays adoptées par la Commission le
7 juin 2011 (EUROPE n°10393) suscitent une vive inquiétude de la part du Réseau européen de lutte contre la pauvreté (EAPN). Elles ne s'attaquent pas aux causes fondamentales des problèmes actuels en Europe. Elles vont générer plus de pauvreté et d'exclusion sociale et ne prennent pas l'objectif de réduction de la pauvreté au sérieux. Elles sont à ce titre une « trahison à l'espoir des personnes en situation de pauvreté et des organisations de lutte contre la pauvreté dans toute l'Europe, qui croyaient aux engagements pris par le président Barroso et l'Union pour la réduction de la pauvreté », a affirmé le président d'EAPN, Ludo Horemans. EAPN a envoyé jeudi 9 juin une lettre aux ministres des Affaires sociales pour leur faire part de ses inquiétudes et les prier de prendre une position plus ferme quant à la défense des droits sociaux.
Ces recommandations ont pour credo la réduction des déficits publics, qui mènera à opérer des coupes claires dans les services publics, à réduire les salaires et à repousser l'âge de départ à la retraite, estime EAPN qui s'attendait à ce qu'elles mettent l'accent sur l'objectif chiffré de réduction de la pauvreté d'au moins 20 millions de personnes d'ici à 2020. Or, la Commission reconnaît que les États membres devront faire plus d'efforts pour atteindre l'objectif chiffré en matière de réduction de la pauvreté, mais elle n'exprime aucune recommandation crédible sur la manière d'y parvenir.
Pour Ludo Horemans, les recommandations ne s'attaquent pas aux causes fondamentales des problèmes en Europe aujourd'hui, à savoir une concentration croissante de la richesse dans les mains d'une minorité, la prééminence des spéculateurs financiers, le déclin de la qualité de l'emploi et l'érosion constante des services publics et des systèmes de sécurité sociale.
Le directeur d'EAPN, Fintan Farrell, a constaté que la Commission « ne fait même pas un commentaire » sur le fait que plusieurs États membres n'ont même pas respecté l'objectif ni les indicateurs sur lesquels ils s'étaient accordés au Conseil européen de juin 2010. Et d'ajouter: « Le pire est que ces recommandations vont générer plus de pauvreté et d'exclusion sociale et mettre encore plus de pression sur les personnes en situation de pauvreté, les punissant de ne pas trouver du travail quand les emplois sont si rares ». (G. B.)