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Bulletin Quotidien Europe N° 10396
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/Énergie

Débat sur la décision allemande d'abandonner le nucléaire

Bruxelles, 10/06/2011 (Agence Europe) - Lors du Conseil Énergie de vendredi 10 juin à Luxembourg, plusieurs États membres de l'Union européenne ont évoqué leurs soucis quant aux conséquences de la décision allemande d'abandonner définitivement l'énergie nucléaire d'ici 2022. Les voisins de l'Allemagne s'inquiètent des conséquences de cette décision pour les prix et pour la sécurité des approvisionnements. L'Allemagne va perdre ses capacités d'exportation d'électricité avec l'arrêt immédiat de 8 de ses 17 réacteurs nucléaires, mais la décision aura peu d'impact pour les consommateurs allemands, a assuré le commissaire européen à l'Énergie Günther Oettinger.

Dans le cadre du débat des ministres européens de l'Énergie sur la 'feuille de route 2050' (que la Commission européenne doit présenter d'ici à la fin de l'année), l'Allemagne a présenté ses plans sur la sortie du nucléaire.

Plusieurs pays, dont l'Autriche, la Slovaquie et les Pays-Bas, auraient souligné en substance que la décision de l'Allemagne a ou aura des conséquences tangibles sur le marché intérieur. La France compte envoyer une lettre à la présidence hongroise, à la future présidence polonaise, et à la Commission, pour exposer son point de vue en la matière. La Belgique a aussi dit que la feuille de route 2050 devra tenir compte de la décision allemande d'abandonner le nucléaire.

« Nous sommes conscients des conséquences, mais il faut attendre les résultats des études avant de tirer des conclusions », a dit Tamás Fellegi, le ministre hongrois pour le Développement national. Il a ajouté que si certaines décisions ont un impact sur d'autres pays de l'UE, il faut prévoir « un mécanisme pour procéder à des exercices de coordination pour tenir compte d'éventuelles difficultés d'approvisionnement ».

Le commissaire à l'Énergie, Günther Oettinger, a dit en conférence de presse que l'Allemagne allait perdre ses capacités d'exportation d'électricité avec l'arrêt immédiat de 8 de ses 17 réacteurs nucléaires, mais la décision aura peu d'impact pour les consommateurs allemands. « Les huit réacteurs qui vont être arrêtés représentent 10% du marché allemand de l'électricité et moins de 3% du marché européen », a-t-il souligné. Il a ajouté que l'année dernière, l'Allemagne a produit beaucoup plus d'électricité qu'elle n'en consomme. « La décision de l'Allemagne de fermer les 9 autres d'ici 2022 pose toutefois des problèmes à ses voisins à l'est et à l'ouest, car l'Allemagne est au centre de l'Europe et son marché électrique est le plus grand de l'Union européenne », a-t-il reconnu. « Une analyse va être menée sur les conséquences de cette décision et elle sera discutée entre les ministres de l'Energie à l'automne », a-t-il annoncé. « Il est évident que la décision de l'Allemagne va avoir une incidence pour les autres sources d'énergie, notamment l'éolien et le gaz », a déclaré M. Oettinger. La Russie qui fournit 520 milliards de m3 de gaz à l'UE chaque année va devenir un partenaire indispensable, et pour cette raison « il faut diversifier les sources et les routes d'approvisionnement », a-t-il expliqué. (L.C.)

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