Bruxelles, 23/05/2011 (Agence Europe) - Les créanciers financiers internationaux de la Grèce maintiennent une pression maximale sur ce pays afin qu'il présente au plus vite des mesures additionnelles visant à respecter les objectifs budgétaires 2011 fixés dans son programme d'austérité. Le gouvernement grec a planché, lundi 23 mai, sur les mesures à prendre qui pourraient rapporter 6 milliards d'euros dès cette année. En jeu, le versement d'une nouvelle tranche d'aide de 12 milliards d'euros.
« Le plus important pour nous, c'est que les autorités grecques précisent, dans les jours à venir, les mesures qu'elles entendent prendre pour remplir les objectifs budgétaires de 2011 et, deuxièmement, c'est de lancer de façon effective le programme de privatisations », a déclaré lundi 23 mai le porte-parole du commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn. « Après cela, nous pourrons voir comment épauler les autorités grecques dans les efforts d'ajustement en cours », a-t-il ajouté. Quant à la mission de la troïka (Commission européenne, BCE, FMI) chargée d'évaluer la mise en œuvre du programme grec ainsi que le caractère soutenable de la dette du pays, « ça va prendre le temps que ça prendra ». Il a aussi souligné l'importance d'un « consensus » sur les grands objectifs du programme entre les principales forces politiques du pays. Et le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker de prévenir que la solidarité avait ses limites.
Parmi les mesures additionnelles qui sont à l'étude, la presse grecque cite la suppression de postes de fonctionnaires, une baisse des rémunérations dans le secteur public et de nouvelles hausses d'impôts (réduction des exemptions fiscales sur l'impôt sur le revenu et les dépenses médicales, création d'un régime de TVA uniforme de 18 ou 19%). Les mesures seront annoncées à la fin de la mission de la 'troïka'. Les autorités grecques ont par ailleurs annoncé la levée, à partir de juillet prochain, de restrictions injustifiées (limitation du nombre et de l'implantation de prestataires, fixation de prix minimums, licence administrative obligatoire…) relatives à l'exercice de plus d'une centaine de professions libérales. Sont notamment concernés les agents en assurance, les électriciens, les bateaux-taxis, les dockers, les kinésithérapeutes, les buralistes...
Sur la question de la dette grecque, M. Rehn a réitéré, lundi à Vienne, qu'une procédure maintenant « l'exposition des investisseurs privés, des banques et des investisseurs institutionnels pourrait être envisagée », rapporte l'agence Reuters (EUROPE n°10381). Cette procédure serait calquée sur 'l'initiative de Vienne' conclue en 2009 et à travers laquelle les banques détenant des filiales en Europe centrale se sont engagées auprès de la BCE et de la BERD à maintenir leurs expositions dans ces pays. La France accepterait désormais tout mouvement volontaire de la part des créanciers privés de la dette grecque.
L'horizon économique grec est sombre. L'agence de rating Fitch Ratings a encore abaissé la notation de la dette grecque à long terme (de BB+ à B+). « La décision ignore les engagements additionnels pris par le gouvernement grec afin d'atteindre les objectifs budgétaires de 2011 et d'accélérer le programme de privatisation », a aussitôt réagi Athènes. Les coûts de refinancement théoriques de la dette souveraine grecque à dix ans atteignent des records (taux proche de 17%). Alors qu'Athènes a pris l'engagement de ramener cette année le déficit public à 7,5% par rapport au PIB, la Commission table sur 9,5% pour 2011 (10,5% en 2010). Après avoir atteint 143% du PIB en 2010, l'endettement grec devra avoisiner les 158% cette année. (M.B.)