Bruxelles, 23/05/2011 (Agence Europe) - L'ambassadeur de la République tchèque auprès de l'UE, Milena Vicenova, a catégoriquement rejeté jeudi 19 mai les critiques adressées par la Commission européenne au sujet des 'tests phallométriques' imposés, selon elle, par Prague aux demandeurs d'asile, relate l'AFP, jugeant cette attaque « inacceptable » et « fondée sur des faits non véridiques » (EUROPE n° 10382).
« Il n'y a pas de doute que la persécution des homosexuels et l'intolérance envers eux sont inacceptables dans l'Europe moderne. Mais l'accusation que la République tchèque les commette est également tout aussi inacceptable », a déclaré Mme Vicenova. Le 'test phallométrique' consiste à mesurer les réponses érectiles masculines obtenues pendant la présentation de divers stimuli sexuels et non sexuels, pour vérifier que les demandeurs d'asile sont bien homosexuels et peuvent à ce titre arguer de persécutions dans leur pays.
Le 17 mai, la commissaire en charge des questions d'asile avait estimé cette pratique « dégradante » et jugé qu'elle ne pouvait « pas être acceptée dans l'Union européenne, ni ailleurs ». Le 16 mai, la Commission avait d'ailleurs adressé à Prague un nouveau courrier en ce sens, lui indiquant l'ouverture d'une enquête approfondie. Selon Mme Vicenova, ces « graves accusations communiquées avec un langage assez fort » s'appuient sur des « affirmations non véridiques » et « déforment grossièrement la réalité ».
« Cela fait longtemps que la République tchèque a annoncé que cette méthode n'était plus utilisée », a-t-elle poursuivi, précisant qu'une « poignée » de ces tests a seulement été effectuée en 2008 et 2009 et cela « avec le consentement écrit et parfois à la demande directe » de demandeurs d'asile.
« Les autorités tchèques se sont alors retrouvées devant un choix: soit rapatrier ces demandeurs dans leur pays d'origine et les exposer ainsi à un danger de mort, soit leur offrir un examen sexologique, en tant qu'ultime possibilité de vérifier la véracité de leurs dépositions », a déclaré Mme Vicenova, ajoutant que ces tests ont permis de « conjurer » la menace de rapatriement et d'accorder l'asile à ces personnes. (S.P.)