Bruxelles, 23/05/2011 (Agence Europe) - Au lendemain de l'ouverture d'un bureau de l'UE à Benghazi, les ministres des Affaires étrangères des 27 ont apporté lundi 23 mai leur soutien au Conseil national de transition (CNT) qui constitue pour l'UE « le principal interlocuteur politique représentant les aspirations du peuple libyen ». « L'UE soutient les efforts déployés par le CNT pour s'acquitter de ses responsabilités envers la population libyenne, notamment pour répondre aux besoins sociaux, économiques et administratifs essentiels conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l'ONU », déclarent les ministres dans des conclusions adoptées lundi au Conseil Affaires étrangères. Les 27 saluent aussi la création d'un mécanisme financier temporaire destiné à apporter un soutien financier à court terme à l'opposition au régime de Kadhafi. Le Conseil est d'avis qu'il faut examiner les possibilités juridiques d'utiliser les avoirs libyens gelés pour répondre aux besoins humanitaires de la population libyenne, lit-on dans les conclusions. À plus long terme, « l'UE est prête à mobiliser, dès que les circonstances le permettront, ses instruments, y compris l'instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP), pour soutenir le peuple libyen dans les efforts qu'il déploie pour édifier un État prospère et démocratique, fondé sur le respect des droits de l'Homme, des libertés fondamentales et de l'État de droit ». Dimanche 22 mai, Catherine Ashton avait personnellement assisté à l'ouverture du nouveau « bureau technique » de l'UE à Benghazi. « Dès que les circonstances le permettront », l'UE ouvrira aussi une délégation à Tripoli, ont annoncé les ministres lundi.
Sanctions élargies. Le Conseil a par ailleurs décidé d'élargir les sanctions en place contre le régime du colonel Kadhafi (interdiction de visa, gel des avoirs) à une personne et une entité économique supplémentaires. La décision sera publiée ce mardi au Journal officiel. Dans leurs conclusions, les ministres des Affaires étrangères renouvellent leur appel à un « cessez-le-feu véritable et immédiat » et réaffirment que « le colonel Kadhafi a perdu toute légitimité et doit quitter immédiatement le pouvoir ». Le Conseil rappelle aussi que l'UE serait prête à mener une opération PSDC, baptisée 'EUFOR Libye', pour soutenir l'aide humanitaire en Libye « si le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) des Nations unies le lui demande ».
Aide humanitaire supplémentaire. Entre-temps, la Commission européenne a annoncé lundi 23 mai une nouvelle aide humanitaire de 20 millions d'euros en faveur de la population libyenne, portant à 70 millions d'euros le montant total d'aide humanitaire débloquée jusqu'ici par la Commission pour la Libye. (H.B.)