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Bulletin Quotidien Europe N° 10384
Sommaire Publication complète Par article 38 / 40
INTERPENETRATION ECONOMIQUE / (eu) investissements

L'Afrique se dessine comme une destination émergente intéressante pour les investisseurs - Les investisseurs étrangers, et notamment ceux en provenance des pays émergents, voient pour l'Afrique d'énormes opportunités de croissance à long terme, souligne la première enquête sur l'attractivité de l'Afrique réalisée par Ernst & Young. L'analyse du cabinet de conseil sur les projets d'investissements directs étrangers (IDE) indique qu'au cours de la dernière décennie, l'Afrique est passée de 338 nouveaux projets en 2003 à 633 en 2010, soit une augmentation de près de 87% en sept ans. Malgré la baisse des investissements survenue en 2008, l'Afrique reste une destination attractive dans un contexte de récession mondiale, maintenant sa part relative de flux d'investissements mondiaux. Une forte croissance des nouveaux projets sur le continent est, par ailleurs, annoncée à partir de l'année prochaine: les flux d'investissements devraient atteindre 150 milliards de dollars d'ici 2015. En ce qui concerne les futures stratégies d'investissement, l'Afrique occupe une place de choix chez les décideurs. En effet, 42% du panel interrogé (soit plus de 562 dirigeants du monde) envisage d'investir davantage dans la région et 19% confirme qu'ils maintiendront leurs activités sur le continent. Quant aux entreprises qui ont déjà intégré l'Afrique à leur stratégie d'investissement, leur appréciation est particulièrement positive. Plus en détails: 1) les premiers investisseurs en Afrique sont les pays émergents: en dix ans, les IDE issus de ces pays sont passés de 100 nouveaux projets en 2003 à 240 en 2010 (soit une hausse annuelle de 13%). Ils représentent désormais 38% du total des investissements en Afrique, contre 30% en 2003. Les pays développés, notamment d'Europe et d'Amérique sont par contre plus prudents, estimant que le développement de l'Afrique a stagné ces dernières années. Les dirigeants nord-américains sont plus optimistes sur le potentiel d'investissement à long terme de l'Afrique que les Européens. Malgré tout, les pays développés restent en proportion responsables de la plus grande partie des investissements en Afrique ; 2) secteurs plus variés: les industries excavatrices sont considérées comme un domaine d'investissement majeur, avec le plus grand potentiel de croissance pour les prochaines années. Toutefois, d'autres secteurs commencent à émerger comme le tourisme (15% des dirigeants interrogés), les produits de consommation (15%), la construction (14%), les télécommunications (13%), et les services financiers (9%) ; 3) rivalité de l'Europe de l'Est et de l'Amérique latine: l'Afrique est en concurrence avec d'autres régions qui cherchent aussi à attirer les investisseurs internationaux. L'Afrique occupe actuellement la même place que l'Amérique latine et l'Europe de l'Est en termes d'attractivité pour les investisseurs ; 4) processus de réformes en Afrique: la croissance africaine a été portée ces dix dernières années par un processus de réformes économiques et réglementaires à long terme, provoquant un regain d'intérêt auprès des investisseurs. Dix pays ont été plébiscités en particulier, qui réunissent à eux seuls 70% des nouveaux projets d'IDE entre 2003 et 2010: l'Afrique du Sud, l'Égypte, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, le Nigéria, l'Angola, le Kenya, la Libye et le Ghana. Ernst & Young observe aussi une nette hausse de l'investissement de pays africains sur leur propre continent (+21% entre 2003 et 2010) avec toutefois un montant des capitaux investis qui reste inférieur à celui d'autres émergents ; 5) avenir prometteur: la majorité des entrepreneurs sont optimistes concernant l'avenir de l'Afrique même si la plupart d'entre eux estiment que le continent n'offrira un potentiel de croissance élevé et solide que sur le long terme (au-delà de trois ans), notamment en matière d'emplois. L'étude estime que pour la seule année 2015, plus de 350 000 emplois seront créés. La croissance continue de l'IDE se basera en partie sur la reprise économique des pays développés et sur la forte croissance des pays émergents (Chine et Inde). La croissance du PIB de l'Afrique demeurera solide (+5% jusqu'en 2015) et sera probablement soutenue par la forte demande et le prix élevés des matières premières ; 6) risques élevés mais rentabilité quasi assurée: si les niveaux de risques liés à l'investissement en Afrique peuvent être élevés, les niveaux de rentabilité le sont tout autant. De plus, la concurrence dans certains secteurs est relativement faible. Cette opportunité d'investissement ne se maintiendra peut-être pas longtemps, mais l'Afrique semble bien positionnée pour la saisir. Actuellement, l'Asie est la seule région émergente qui la devance dans les prévisions des investisseurs. (I.L.)

 

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