Bruxelles, 23/05/2011 (Agence Europe) - Comme nous l'avions annoncé (EUROPE n° 10381), le Conseil Affaires étrangères a décidé, lundi 23 mai, d'élargir les sanctions européennes en place - interdiction de visa et gel des avoirs - à dix responsables syriens supplémentaires, y compris le président syrien Bachar al-Assad en personne. La liste détaillée des personnes concernées sera publiée au Journal Officiel ce mardi 24 mai. Les dix individus s'ajoutent aux treize figures clés du régime syrien (dont un frère du président et plusieurs cousins) qui sont déjà frappés par les sanctions depuis le 10 mai. Dans des conclusions adoptées lundi, le Conseil Affaires étrangères demande aux autorités syriennes de « répondre aux demandes légitimes du peuple syrien en instaurant un dialogue national véritable et sans exclusive et en entamant sans tarder et selon un calendrier concret des réformes politiques substantielles ». « C'est là l'unique moyen d'engager une transition démocratique pacifique et d'assurer la stabilité de la Syrie à long terme », affirment les ministres. Si le président Bachar al-Assad ne devait pas s'engager dans cette voie, les sanctions pourraient être encore renforcées, mettent en garde les 27. « L'UE est déterminée à prendre de nouvelles mesures sans tarder si le pouvoir syrien choisissait de ne pas abandonner rapidement la voie (de la répression) dans laquelle il s'est engagé ». EUROPE rappelle que l'UE a déjà suspendu tous les programmes bilatéraux en cours avec les autorités syriennes dans le cadre de l'Instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP) et de MEDA. Tous les préparatifs relatifs à de nouveaux programmes de coopération bilatéraux ont également été gelés. Les États membres sont appelés à revoir leur coopération bilatérale avec Damas et la Banque européenne d'investissement (BEI) est invitée à suspendre les nouvelles opérations de financement dans le pays. Les 27 ont aussi réitéré lundi que la signature de l'accord d'association UE/Syrie, déjà négocié, « n'est pas à l'ordre du jour ».
Dans leurs conclusions, les ministres condamnent fermement la répression et les « violences inacceptables » auxquelles se livrent l'armée et les forces de sécurité contre des manifestants pacifiques. « Il faut que les responsables de ces violences rendent compte de leurs actes », insistent-ils. L'UE demande que Damas accepte qu'une mission du Haut Commissariat aux droits de l'Homme puisse se rendre d'urgence dans le pays, comme l'a demandé le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU le 29 avril. Elle demande aussi la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées pour leur participation aux manifestations ainsi que de tous les prisonniers politiques et de tous les défenseurs des droits de l'homme. (H.B.)