Bruxelles, 13/05/2011 (Agence Europe) - Succès pour Catherine Ashton: la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères a réussi vendredi 13 mai à convaincre le dirigeant des Serbes de Bosnie-Herzégovine, Milorad Dodik, de renoncer au référendum qu'il entendait organiser en Republika Srpska (RS) contre le système judiciaire central de la Bosnie. « Je pense que, pour le moment, le référendum n'est pas nécessaire », a en effet annoncé M. Dodik à la presse à Banja Luka après avoir eu un entretien avec Mme Ashton. Celle-ci, à la surprise générale, s'était rendue en Bosnie jeudi soir (12 mai) après avoir assisté au dialogue stratégique avec la Chine à Budapest. Le chef des Serbes de Bosnie affirme avoir obtenu des garanties de la part de Mme Ashton qu'une réforme de la justice centrale de Bosnie serait engagée en prenant en compte les revendications des autorités serbes. Les Serbes bosniaques reprochent à la justice centrale de Bosnie d'être partiale et de s'occuper principalement des crimes de guerre commis par les Serbes pendant le conflit inter-communautaire de 1992-95. À la mi-avril, le parlement de la RS avait décidé de convoquer un référendum en juin pour mettre en cause la justice centrale du pays ainsi que l'autorité et les pouvoirs du haut représentant de la communauté internationale, Valentin Inzko. Ce dernier avait annoncé jeudi qu'il avait l'intention d'annuler la décision des autorités de la RS sur le référendum. Il avait même menacé de destituer M. Dodik. Mme Ashton s'est dite soulagée par le retrait de la « menace du référendum ». Elle a expliqué que l'UE allait ouvrir un « dialogue structuré sur le fonctionnement et le travail de la justice » bosniaque. Ce dialogue structuré, a-t-elle précisé, est un « mécanisme institutionnel bien défini qui traite de questions judiciaires dans les pays de l'élargissement ». « Toute question légitime mérite une analyse sérieuse et des réponses adéquates. C'est pourquoi nous sommes prêts à nous engager sur cette voie », a expliqué la Haute représentante. À la fin du dialogue, la Commission fera des recommandations en vue de résoudre les éventuels problèmes urgents. La première réunion du dialogue devrait se tenir très bientôt à Banja Luka, sous présidence du commissaire Stefan Füle. « Nous sommes convaincus que ce dialogue apportera des solutions aux problèmes concrets et remettra le pays sur la voie de l'UE », a-t-elle dit. La perspective d'adhésion de la Bosnie est « réelle » et l'UE « partage votre vision d'une adhésion pleine et entière », a souligné Mme Ashton. « La voie vers l'adhésion est dure mais nous sommes prêts à aider », a-t-elle dit. (H.B.)