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Bulletin Quotidien Europe N° 10375
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/portugal

Rehn, le taux d'intérêt sur les prêts situé entre 5,5% et 6%

Bruxelles, 10/05/2011 (Agence Europe) - Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a annoncé, mardi 10 mai, que la Commission européenne avait donné son aval au programme d'austérité triennal que le Portugal mettra en œuvre en échange d'une aide financière internationale de 78 milliards d'euros (EUROPE n°10371, 10372 et 10373). Selon lui, le taux d'intérêt appliqué aux prêts octroyés par l'Union européenne, qui sera définitivement fixé par l'Eurogroupe lundi 16 mai, se situerait dans une fourchette entre 5,5% et moins de 6%. Les ministres des Finances de la zone euro se conformeront aux règles de tarification du FMI qui prévoient une prime de risque s'ajoutant aux taux d'intérêt du marché.

« La Commission européenne a endossé le programme de réforme du Portugal pour les années 2011-2014 sur lequel un accord a été marqué la semaine dernière » par les autorités européennes et les représentants de la Commission, de la BCE et du FMI, a déclaré M. Rehn depuis Strasbourg, confiant que l'Eurogroupe en fera autant. Puisque le programme bénéficie du soutien de la classe politique portugaise, « il ne devrait y avoir aucune incertitude concernant sa mise en œuvre après les élections législatives du 5 juin », a ajouté le commissaire, pour qui le succès du processus réside dans une application « effective et rapide » des mesures. Les Européens veulent s'assurer que, indépendamment du résultat des élections portugaises, le futur gouvernement portugais appliquera les mesures négociées par les socialistes actuellement au pouvoir. Même si l'opposition de centre-droit gagne les élections comme semblent l'indiquer les sondages pré-électoraux, le risque existe cependant que le futur gouvernement portugais dispose d'une faible majorité.

M. Rehn a qualifié d'« ambitieux mais réaliste » le programme d'ajustement économique qui, certes ne constituera pas « une promenade du dimanche sous le soleil », mais préserve les catégories sociales les plus « vulnérables ». À ses yeux, la situation du Portugal étant différente de celle de l'Irlande et de la Grèce, il est normal que leurs programmes respectifs diffèrent. Celui du Portugal met surtout l'accent sur les réformes structurelles. Dans ce pays, « le problème vient d'une croissance faible et stagnante », a-t-il constaté. Et d'estimer que Lisbonne sera en mesure de retourner sur les marchés « avant la fin » du programme d'austérité.

Un État membre, comme la Finlande, peut-il réclamer et obtenir de nouvelles concessions en échange de son acceptation ? M. Rehn a réitéré la nécessité d'une décision à « l'unanimité ». « Ce qui signifie que tous les États membres comptent », a-t-il poursuivi. Il s'est dit confiant que la Finlande, qui doit arrêter sa position sur l'aide financière au Portugal, sera en mesure d'apporter son soutien en faveur de la stabilité financière de l'ensemble de la zone euro. Quant à d'éventuels amendements au programme, le commissaire a estimé que les États membres étaient maîtres d'une décision sur « la taille et le contenu » de l'aide, même si les mesures difficilement négociées respectent pleinement, selon lui, le mandat que l'ÉCOFIN a défini en avril. En revanche, M. Rehn a clairement rejeté l'opinion selon laquelle la contribution de la Finlande devrait dépendre de l'exposition des banques finlandaises au risque souverain portugais. « À mon sens, ce n'est pas la bonne façon de regarder le problème », a-t-il affirmé. Il a rappelé le caractère interdépendant du secteur financier européen et que des pays comme les États-Unis et la Chine apporteront également leur contribution à travers l'aide du FMI. Et d'insister: « Nous sommes tous dans le même bateau ».

Le programme d'austérité que le Portugal mettra en œuvre en échange d'une aide financière de 78 milliards d'euros sur trois ans repose sur trois piliers: consolidation des finances publiques, assainissement du secteur financier et réformes structurelles. L'aide financière proviendra à hauteur de 52 milliards d'euros de l'UE par le biais des fonds européens de sauvetage (EFSF et EFSM) et de 26 milliards du FMI.

Le Portugal devra réduire son déficit public excessif à 5,9% du PIB national en 2011, à 4,5% en 2012 et 3% en 2013. Il a obtenu un an supplémentaire pour respecter les règles budgétaires européennes mais il part d'une situation plus difficile que préalablement annoncée. Eurostat a récemment certifié que ce déficit avait atteint 9,1% en 2010 contrairement au chiffre de 7,3% avancé à l'automne dernier. La dette du Portugal a atteint 93% du PIB national en 2010. Selon M. Rehn, elle devrait commencer à décroître en 2013. Les efforts budgétaires seront supportés pour les deux-tiers par des coupes dans les dépenses et pour un tiers par une hausse de la fiscalité. Le Portugal sera en récession (réduction du PIB de 2%) en 2011 et 2012.

Les banques portugaises devront renforcer leurs fonds propres afin de respecter un ratio de solvabilité (core 'Tier 1' capital) de 9% d'ici fin 2011 et de 10% d'ici fin 2012. Une enveloppe de 12 milliards d'euros est prévue à cet effet. Les banques portugaises poursuivront leur démarche de désendettement.

Ayant duré trois semaines, les discussions ont été plus longues que dans les cas grec et irlandais principalement en raison de la difficulté à mettre au point les réformes structurelles. Le poids du secteur public diminuera fortement. Selon M. Rehn, il convient de « lever les rigidités sur le marché du travail » et de « promouvoir l'esprit d'entreprise ». Parmi les mesures marquantes figurent des coupes dans les dépenses de santé, une réduction du nombre de fonctionnaires (- 8000 unités par an), la limitation à 18 mois de l'aide financière aux chômeurs, une taxation spéciale des pensions supérieures à 1500 euros. Côté recettes, la fiscalité directe augmentera (réduction des niches fiscales sur l'impôt des sociétés et des personnes physiques), de même que la fiscalité indirecte (hausse de la TVA et des accises sur le tabac). Seront privatisés la compagnie aérienne TAP ainsi que les énergéticiens EDP et REN et revus de nombreux partenariats public-privé. (M.B.)

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