Strasbourg, 10/05/2011 (Agence Europe) - L'exécutif européen veut réduire de moitié, à partir de 2014, la liste des 176 nations qui bénéficient actuellement du régime de préférences commerciales accordé par l'UE aux pays en développement dans le cadre de son système de préférences généralisées (SPG), pour concentrer ses préférences à l'importation en faveur des pays en développement les plus pauvres.
Le commissaire au Commerce Karel De Gucht a présenté mardi 10 mai un projet de réforme de l'actuel SPG pour le limiter à 80 pays, afin de tenir compte de l'émergence de certains pays en développement plus avancés désormais compétitifs au niveau mondial. Tandis que le large éventail des produits visés et des marges de préférence resterait inchangé, quelques pays disparaîtraient de la liste des pays bénéficiaires, comme des pays qui ont atteint un niveau de revenu élevé ou moyen supérieur par habitant, selon la classification de la Banque mondiale (la Commission cite en particulier l'Arabie Saoudite, le Koweït, le Qatar et la Russie), les pays qui ont un accès préférentiel à l'UE au moins aussi intéressant que celui octroyé par le SPG en vertu d'un accord de libre-échange ou d'un régime commercial autonome spécifique, ainsi que des pays et territoires d'outre-mer qui bénéficient d'un régime spécifique d'accès aux marchés développés. La liste définitive des pays bénéficiaires ne sera arrêtée qu'à la fin de la procédure législative, sur la base des données des trois dernières années, mais M. De Gucht a clairement évoqué mardi le retrait de la liste de nations émergentes telles que le Brésil, la Chine, l'Inde et la Thaïlande, qui « n'ont plus besoin des préférences pour construire leur réussite économique ».
Outre mieux orienter le SPG en faveur des pays les plus démunis, la Commission veut encourager davantage de pays à respecter les principales conventions internationales relatives aux droits de l'homme, aux normes de travail, à la protection de l'environnement et à la bonne gouvernance dans le cadre du régime SPG+, qui octroie des concessions supplémentaires aux pays les plus vulnérables au niveau commercial. (E.H.)