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Bulletin Quotidien Europe N° 10361
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

Immigration, nouvelles tensions entre Rome et Paris

Bruxelles, 18/04/2011 (Agence Europe) - Le ton est à nouveau monté dimanche 17 avril entre la France et l'Italie après la suspension temporaire par la préfecture des Alpes-Maritimes de la circulation des trains entre la ville frontalière italienne de Vintimille et Nice. Une décision motivée par les risques de « troubles à l'ordre public » que faisait courir, selon la France, une manifestation « non autorisée » de militants français et italiens et de migrants tunisiens mais que Rome a vivement contestée.

Migrants et associations de défense des droits de l'Homme avaient pris place à Gênes à bord d'un « train de la dignité » devant accompagner des migrants tunisiens jusqu'à Nice pour « défier les blocages gouvernementaux pour ouvrir les frontières, garantir le libre accès au territoire européen, et rappeler qu'aucun être humain n'est illégal ».

« Je peux comprendre que 300 alternatifs suscitent des préoccupations », a dit le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini, mais les permis accordés par l'Italie aux migrants tunisiens « sont valables et reconnus par la France », a-t-il ajouté, estimant que « l'Europe ne va nulle part si on érige des murs » entre les pays. L'Italie a « formellement protesté », a ajouté Franco Frattini sur une télévision italienne et demandé à son ambassadeur à Paris de relayer cette colère, en réclamant des « éclaircissements » sur une mesure « illégitime et en violation des règles européennes » de libre circulation. La France a respecté « à la lettre » les accords de Schengen, a quant à lui répondu lundi le ministre de l'Intérieur français, Claude Guéant. La mesure a été « temporaire » et « n'a pas été au-delà du strict nécessaire », a-t-il estimé.

Les autorités françaises ont par ailleurs adressé lundi un courrier à la Commission européenne pour lui détailler l'ensemble des mesures prises. Un courrier déjà partiellement analysé par la Commission. Pour la commissaire compétente, Cécilia Malmström, cette mesure de suspension de la circulation pour préserver « l'ordre public » semble ainsi « ne pas tomber dans le cadre du code frontières Schengen », a-t-elle dit au cours d'un point presse, indiquant qu' « apparemment, ils (les autorités françaises) ont le droit » de prendre une telle mesure.

Mardi 26 avril, Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy se rencontreront à Rome lors d'un Sommet franco-italien pour aborder le sujet des migrants tunisiens et « relancer le partenariat » entre les deux pays. La polémique est née après que l'Italie a commencé à délivrer des permis de séjour temporaires aux migrants tunisiens arrivés en Italie avant le 5 avril, leur permettant, en vertu de conditions précises telles qu' un niveau de ressources quotidien minimum, de circuler dans l'espace Schengen, ce à quoi s'oppose Paris qui a notamment renforcé ses contrôles de police à la frontière italienne. La Belgique a également introduit des contrôles policiers dans certaines zones, dont l'aéroport de Charleroi. Tous ces contrôles de police sont possibles - sous conditions - dans l'espace Schengen, c'est-à-dire s'ils ne s'avèrent pas être des contrôles aux frontières « systématiques », a encore reprécisé lundi Michele Cercone, le porte-parole de Mme Malmström, et « aucun contrôle n'a été notifié à la Commission », a-t-il poursuivi.

Lundi, dans un communiqué, l'ONG France Terre d'Asile a quoi qu'il en soit jugé que la suspension temporaire du trafic ferroviaire entre Vintimille et Menton dimanche, décidée par la France, « n'honore ni la France, prête à remettre en cause les principes sur lesquels se sont construits l'Union européenne, ni l'Italie, qui surjoue la crise, ni l'Europe, qui pointe aux abonnés absents ». « Les pays européens ont les moyens de faire face à la crise provoquée par l'arrivée d'environ 25.000 Tunisiens. Il ne s'agit pas de favoriser l'immigration mais de répondre de façon pragmatique et humaniste à une situation exceptionnelle », a ajouté l'ONG.

La Roumanie, quant à elle, a annoncé vouloir prendre sa part dans l'accueil des migrants tunisiens, se disant prête dimanche 17 avril via son président Traian Basescu, à accueillir environ 200 migrants sur son sol. (S.P.)

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