Bruxelles, 14/03/2011 (Agence Europe) - L'ampleur des catastrophes successives au Japon dévasté par un tremblement de terre et un tsunami, et potentiellement confronté à un accident nucléaire majeur, a mobilisé l'attention du Conseil Environnement dès l'ouverture de ses travaux, lundi 14 mars à Bruxelles.
Le président du Conseil, Sandor Fazekas, comme le commissaire à l'Environnement, Janez Potoènik, ont exprimé leurs condoléances aux autorités et aux familles des victimes nippones, et la solidarité de l'Union européenne. Ils ont également tous deux formulé le souhait que « les enseignements » soient tirés de cette tragédie, notamment au plan de la sûreté nucléaire. Solidarité et vigilance ont été les maîtres mots de tous les ministres lors de leurs brèves interventions.
Le sujet n'a pas été débattu, mais Janez Potocnik a informé les 27 des actions entreprises par la Commission pour coordonner les offres des États membres en ressources nationales de protection civile pour aider les autorités nippones, si besoin en est (voir autre nouvelle). Le vrai débat aura lieu entre les autorités nationales de sûreté nucléaire et les opérateurs des centrales nucléaires, mardi 15 mars, lors de la réunion qu'a convoquée le commissaire Oettinger pour passer en revue les plans de confinement et les mesures de sécurité en place en Europe. Janez Potoènik l'a annoncé au Conseil.
« L'Union européenne exprime ses condoléances au peuple et au gouvernement du Japon et aux familles des victimes en ces temps difficiles. Nous exprimons aussi notre solidarité et sommes prêts à aider par tous les moyens possibles. La Commission est en contact étroit avec l'Agence internationale de l'énergie atomique et suit la situation au Japon de très près. Les autorités japonaises ne nous ont pas demandé de les aider à faire face à l'urgence mais nous sommes prêts à répondre si elles nous le demandent. L'Europe a plusieurs centrales nucléaires dont la conception de base est proche de celles du Japon. Les normes de sûreté de l'AIEA fournissent des exigences de protection élevées pour la construction et l'exploitation de ces centrales. Tandis que les États membres demeurent responsables du fonctionnement en toute sécurité des centrale, la directive de l'UE sur la sûreté nucléaire a établi un cadre légal pour les mesures nationales. L'UE est responsable de la protection contre la radiation et des mesures de sauvegarde. Heureusement, nous n'avons pas les mêmes niveaux d'activité sismique que le Japon », a déclaré le commissaire Potocnik.
S'exprimant devant la presse, la ministre française Nathalie Kosciusko-Morizet a estimé que le débat sur le nucléaire était légitime mais qu'en cette heure de tragédie au Japon, le moment n'était pas opportun de se lancer dans une polémique sur l'opportunité ou non d'un référendum en France sur le sujet. Déplacer les priorités serait, selon elle, « indécent ». La priorité, en effet, c'est d'obtenir du Japon toutes les informations nécessaires pour se faire une idée très précise de la situation. L'urgence, c'est d'assurer le suivi de la crise et de se préparer à une « éventuelle contamination ». (A.N.)