login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10324
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/Égypte/tunisie

Réunion des bailleurs de fonds

Bruxelles, 25/02/2011 (Agence Europe) - « Je suis heureuse de compter le nombre de participants », a déclaré Catherine Ashton au début de son discours devant l'ensemble des bailleurs de fonds venus à Bruxelles pour examiner la situation en Tunisie et en Égypte. Ce décompte fait par le chef de la diplomatie européenne lui a surtout permis de relever l'absence assez visible des deux pays concernés et qu'elle a soulignée face aux représentants d'organisations internationales, financières et politiques, et donneurs d'aide délégués par des pays aussi divers que les États membres, les États-Unis, le Japon ou les pays du Golfe.

La Tunisie comme l'Égypte étaient pourtant invitées à présenter leurs besoins en réaction à l'offre d'appuis de la communauté internationale pour réparer les dommages des crises politiques majeures que chacune des deux a vécues au cours des derniers mois. Le Caire comme Tunis avaient demandé le report de la réunion à une meilleure échéance. Leur demande a été tardive mais l'UE voulait faire vite pour éviter la multiplication des initiatives et initier une première prise de contact entre tous les bailleurs de fonds pour susciter une amorce de coordination.

Leur absence a été remarquée selon un délégué d'une institution communautaire, même si, officiellement, à Bruxelles, on dit comprendre leur position. Mais un représentant d'un fonds du Golfe ne se serait pas privé, selon nos sources, de déplorer les deux chaises vides. « Au fond, la présence des deux pays n'était pas absolument nécessaire durant cette première phase, elle le sera dès que les discussions seront entrées dans leur substance », explique, en substance, une source communautaire proche du dossier.

Aucun chiffre n'a été cité mais la discussion aurait été focalisée sur l'analyse de la situation et l'orientation à donner à l'appui à apporter aux deux pays. « Les pays du Golfe se sont contentés d'écouter », selon la même source. Le sentiment est, cependant, qu'une « bonne compréhension » a été établie entre tous les bailleurs de fonds et a permis de partager la conviction que l'aide devra être concentrée sur des appuis à l'ensemble des composantes de la société dans les deux pays.

Pourtant, la Tunisie, en particulier, plaidait l'urgence à panser les plaies de la « révolution » qui a ébranlé son économie et révélé des zones de fragilité sociale bien cachées par le régime déchu. Ce pays, comme l'Égypte, a justifié son absence par l'impréparation de ses dossiers dans lesquels manquerait encore une stricte évaluation des besoins. La réalité serait que règne à Tunis une situation politique confuse. La population et des mouvements d'opposition réclament des assurances qui ne sont pas données, ce qui oriente les revendications vers le renvoi du gouvernement de transition et même à imposer une approche institutionnelle différente dans la préparation des prochaines élections. Au Caire, les effets de la révolution commencent à peine à s'atténuer et ne permettent pas en effet au nouveau pouvoir de reprendre ses dossiers en mains.

Il y a un « enjeu clé », a souligné Mme Ashton dans son discours, mettant l'accent sur le besoin de mettre au point « la façon dont nous pouvons mieux soutenir le changement capital » à Tunis et ensuite au Caire, faisant observer que c'est tout le monde arabe qui est en proie au changement: « L'ampleur et les conséquences de ces changements sont historiques. Nous devons veiller à ce que notre réponse soit à la hauteur de ce moment historique ». La situation « inacceptable » en cours en Libye lui a donné l'occasion d'illustrer l'importance du défi pour l'Europe.

Ce sont en fait trois défis, a-t-elle précisé, se référant aux résultats de ses visites récentes en Tunisie puis en Égypte. Premièrement, il faut soutenir les processus de transition et « nous pouvons nous appuyer sur notre propre histoire de la démocratie et de la réconciliation, y compris celle de pays, parmi nous, qui sont passés par de telles phases », allusion aux pays de l'Est européen. Deuxièmement, il y a le besoin d'aider à construire ce que j'appelle la démocratie profonde (la réforme politique, les élections, le renforcement des institutions, la lutte contre la corruption, un système judiciaire indépendant et le soutien à la société civile. Cela passera par un soutien déterminé au développement économique et de l'emploi, surtout des jeunes. « Nous ne sommes pas certains de l'évolution de la situation. Mais nous possédons plusieurs éléments qui orienteront notre réponse collective ». Troisièmement, il faudra procéder, a-t-elle souligné, à une refonte totale de la 'politique de voisinage' pour laquelle elle a rappelé qu'une réunion spéciale de la Commission avait lieu au même moment pour en tracer les principales lignes vers une action plus ambitieuse et conditionnelle pour inciter à plus de démocratie. (F.B.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
CALENDRIER