Bruxelles, 25/02/2011 (Agence Europe) - La Pologne considère qu'une intégration renforcée des politiques économiques des États membres est la bonne réponse à la crise. Elle appuie complètement les demandes franco-allemandes inscrites dans le Pacte pour la compétitivité, y compris les plus exigeantes, mais veut participer au sommet de l'Eurogroupe, le 11 mars prochain, et demande une formule plus large que le cadre « 17+ » (les membres de l'Eurogroupe plus les autres États membres intéressés), prévu pour la coordination des politiques économiques dans la zone euro, afin d'éviter d'élargir le fossé entre les membres actuels de cette zone et les autres États membres de l'UE.
C'est ce qui ressort du document informel distribué mercredi 23 février par le gouvernement polonais aux autres États membres en réaction aux conclusions du Conseil européen du 4 février, ainsi que d'une interview du secrétaire d'État polonais aux Affaires européennes, Mikolaj Dowgielewicz, au quotidien en ligne EUobserver.com.
Dans son document, le gouvernement polonais exprime son plein appui à toutes les demandes formulées par l'Allemagne dans le Pacte pour la compétitivité, y compris celles qui exigent des amendements constitutionnels pour renforcer la discipline budgétaire, la convergence vers une assiette commune pour l'impôt sur les sociétés, le découplage des salaires par rapport à l'inflation, un âge commun de la retraite, une réforme « ambitieuse » du système de pensions et, surtout, une intégration économique renforcée. Il souligne que la Pologne a déjà inscrit dans sa Constitution la limitation de la dette publique à 60% du PIB et indique sa volonté, pendant son semestre de présidence de l'UE (deuxième moitié de 2011), de partager avec les autres États membres ses « meilleures pratiques » et de faire progresser le plus possible les mesures préconisées dans le Single Market Act.
Il insiste cependant sur le fait qu'une réponse profonde à la crise ne peut être trouvée sans la pleine participation de toutes les parties intéressées: les mesures préconisées au niveau de l'Eurogroupe ont des implications pour tous les États membres, y compris ceux qui n'ont pas encore adopté la monnaie unique. C'est pourquoi, se fondant sur les conclusions du sommet du 4 février, il suggère de remplacer la formule « 17+ » envisagée par une formule « 27- », ouverte à tous les États membres, moins ceux qui se dissocient ouvertement. En outre, pour réaliser cette coordination des politiques économiques, la Pologne exprime sa nette préférence pour la « méthode communautaire » par rapport aux initiatives individuelles des différents États membres, considérant que les institutions européennes et notamment la Commission, avec son monopole d'initiative, sont « une instance efficace pour concilier les intérêts des États membres ». (F.G.)