Bruxelles, 25/02/2011 (Agence Europe) - Ce mardi 1er mars est à marquer d'une pierre blanche pour la santé des nourrissons et l'application du principe de précaution. C'est à cette date en effet qu'entre en vigueur dans l'Union européenne l'interdiction d'utiliser dans la fabrication des biberons le bisphénol A (BPA), composant chimique entrant dans la composition de plastiques et de résines de type polycarbonate (EUROPE n° 10265). Certaines études récentes ont montré que le BPA qui pénètre par la peau peut avoir un impact sur le développement, le système immunitaire ou favoriser des tumeurs.
Son interdiction dans les biberons est imposée par la directive 2011/8/UE (modifiant la directive 2002/72/CE). Mais c'est à compter du 1er juin que seront également proscrits la mise sur le marché et l'importation dans l'UE de biberons contenant du BPA. Dans l'intervalle, l'industrie a d'ores et déjà entrepris de retirer du marché les biberons contenant cette substance pour les remplacer par des produits plus sûrs et elle devra avoir achevé cet exercice de substitution au plus tard à la mi-2011.
« Puisqu'il reste des incertitudes sur la nocivité du bisphénol A pour les nourrissons, la Commission a jugé nécessaire et pertinent d'agir. Le but est de réduire davantage l'exposition à cette substance des membres les plus vulnérables de notre population, à savoir les nourrissons, afin de préserver leur santé », commente John Dalli, commissaire européen à la Santé et la protection des consommateurs.
Le BPA était jusqu'ici autorisé dans les matériaux en contact avec les denrées alimentaire au titre de la directive européenne 2002/72/CE. De faibles quantités de BPA peuvent passer d'un contenant en plastique porté à haute température à l'aliment contenu, à savoir la préparation lactée dans le cas des biberons. Or, chez le nourrisson, le mécanisme d'élimination du BPA n'est pas pleinement opérationnel avant l'âge de six mois. L'exposition des bébés à cette substance est donc la plus forte au cours de ces premiers mois, en particulier si les préparations lactées, administrées via un biberon, sont leur seule source d'alimentation, rappelle la Commission européenne.
Dans un avis scientifique rendu en septembre 2010, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a conclu que le bisphénol A était une substance sûre pour autant que la dose quotidienne absorbée ne dépasse pas 0,05 milligramme par kilo de poids corporel et que l'exposition de toutes les catégories de la population était inférieure à cette limite. Cependant, l'EFSA avait soulevé la question de possibles effets du BPA, sur les nourrissons en particulier, et conclu qu'il convenait de continuer à être attentif tant que les données plus fiables sur les zones d'ombre actuelles ne seraient pas disponibles. C'est l'interdiction provisoire du BPA dans les biberons décidée par le Danemark en mars 2010, suivi par la France, en juillet de la même année, qui avait conduit la Commission à solliciter l'avis de l'EFSA. (A.N.)