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Bulletin Quotidien Europe N° 10320
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Énergie

Nabucco, décision finale d'investissement d'ici fin 2011

Bruxelles, 21/02/2011 (Agence Europe) - Moins d'un an avant la mise en chantier du gazoduc Nabucco, l'incertitude demeure sur ses fournisseurs, en dépit de la signature en janvier d'un accord de coopération avec l'Azerbaïdjan, et des promesses d'approvisionnement réaffirmées par le Turkménistan.

Avec la signature le 13 janvier entre le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le président azéri Ilham Aliyev d'un accord gazier de long terme avec l'Azerbaïdjan, l'UE a fait un pas de plus vers la concrétisation du projet paneuropéen de gazoduc Nabucco, infrastructure longue de 3 300 kilomètres et d'une capacité de 31 milliards de mètres cubes par an qui doit acheminer le gaz de la mer Caspienne et d'Asie centrale via la Géorgie et la Turquie. Le lendemain, la confirmation par le président turkmène Gourbangouly Berdymoukhademov de l'engagement du Turkménistan à fournir l'Europe en gaz, a donné un peu plus de garanties à l'exécutif européen, qui porte le projet à bout de bras.

Mais, en dépit d'un cadre juridique clair, fixé par l'accord intergouvernemental du 13 juillet 2009 entre l'Autriche, la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie et la Turquie (EUROPE n° 9942), et malgré un accord sur le préfinancement du projet à hauteur de 4 milliards d'euros par la BEI, la BERD et l'International finance cooperation (IFC), entité de la Banque mondiale chargée du secteur privé, et d'une enveloppe de 200 millions d'euros pour les quatre États membres de l'UE signataires de l'accord intergouvernemental plus l'Allemagne, dans le cadre du volet infrastructures énergétiques du plan européen de relance de 2008, le flou demeure quant aux investisseurs et aux fournisseurs du projet. Surtout, les garanties sur les fournitures de gaz font encore défaut. Si accord avec l'Azerbaïdjan il y a, celui-ci n'apporte aucune précision sur les volumes et les délais.

À ce stade, aucun contrat de vente de gaz n'a été signé pour alimenter Nabucco, mais les partenaires du consortium - l'autrichien ÖMV, le hongrois MOL, le roumain Transgaz, le bulgare Bulgargaz, le turc Botas et l'allemand RWE, qui détiennent chacun 16,67% des parts - sont en négociation pour des contrats gaziers avec l'Azerbaïdjan, le Turkménistan, ainsi que l'Irak. Initialement, le gaz doit provenir des champs azéris de Chakh Deniz, où les firmes européennes engagées dans Nabucco sont en concurrence avec le gazier russe Gazprom. « L'approvisionnement va se concrétiser prochainement », assure pourtant le patron de Nabucco, Reinhart Mitschek. Les retards de production du champ gazier Shah Deniz 2 ont contraint le consortium de reporter à nouveau à fin 2015 la mise en service du gazoduc. Pour la première phase, chiffrée entre 8 et 10 milliards de mètres cubes de gaz par an, le consortium table sur le gaz azéri et, à la place du gaz iranien, pour les raisons politiques connues, le gaz irakien. Ce qui nécessitera l'extension vers l'Irak du gazoduc, dont la longueur serait portée à 3 900 km. Evalué à 7,9 milliards d'euros, son coût global devrait lui aussi être revu à la hausse. Enfin, devant les atermoiements des pays d'Asie centrale, Nabucco n'exclut pas de transporter du gaz russe.

Si la décision finale d'investissement doit, selon M. Mitschek, intervenir fin 2011, l'exécutif européen devient de plus en plus pressant. Début février, le commissaire à l'Énergie, Günther Oettinger, a exhorté les compagnies impliquées dans le projet à « aller de l'avant ». Déterminée à voir son projet phare mis sur pied, la Commission presse aussi pour la fusion entre Nabucco et l'interconnecteur Italie-Turquie-Grèce (ITGI). (E .H.)

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