Bruxelles, 21/02/2011 (Agence Europe) - Alors que l'insurrection anti-Kadhafi en Libye semblait complètement hors de contrôle lundi 21 février en début de soirée - certaines rumeurs circulant vers 18 heures disaient même que le colonel Kadhafi avait déjà quitté le pays, mais cette information était qualifiée de « rumeur infondée » par l'entourage de Catherine Ashton - l'UE a appelé à la « fin immédiate » de la répression violente et meurtrière des manifestations contre le régime. « Les aspirations légitimes et les demandes des gens pour des réformes doivent être traitées par le biais d'un dialogue national qui doit être ouvert et inclusif et mené par les Libyens eux-mêmes», soulignent les ministres des Affaires étrangères dans leurs conclusions adoptées lundi. « Nous espérons que les autorités libyennes écouteront ce message et entameront un dialogue pacifique », a commenté Mme Ashton après le Conseil devant la presse.
La position très prudente des 27 s'explique par une division qui était apparue dès le début du Conseil entre, d'un côté, les pays membres (la grande majorité) qui estimaient que le soulèvement du peuple contre Kadhafi était une chance pour la liberté et la démocratie dans ce pays et, de l'autre côté, des pays comme l'Italie, Malte ou la République tchèque, qui ont appelé à la retenue par crainte d'un nouvel afflux d'immigrés clandestins en provenance des côtes libyennes. Le colonel Kadhafi avait en effet ouvertement menacé de cesser toute coopération avec l'UE dans la lutte contre l'immigration illégale et même d'encourager les départs vers le continent européen au cas où l'Europe soutiendrait l'insurrection libyenne. « Nous ne devrions pas donner la mauvaise impression que nous exportons notre démocratie. Nous devons aider et soutenir la réconciliation pacifique mais l'Europe ne devrait pas interférer », a ainsi argué le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini. Il s'est aussi dit « très préoccupé » de la menace de l'auto-proclamation d'un « Émirat islamiste de Benghazi aux frontières de l'Europe ». Sur une ligne similaire, le ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg a mis en garde contre les « catastrophes » qu'entraînerait une chute du colonel Mouammar Kadhafi. « En ce moment, si nous nous mêlons trop de la situation, nous ne ferions que compliquer l'affaire », a-t-il dit. Le ministère tchèque des Affaires étrangères a aussi appelé le gouvernement libyen à entrer dans un « dialogue politique » avec l'opposition en vue d'entamer les réformes nécessaires. (H.B.)