Bruxelles, 27/01/2011 (Agence Europe) - L'UE persiste et signe: Alassane Ouattara est le seul vainqueur des élections présidentielles du 28 novembre en Côte d'Ivoire, quoi qu'en disent Laurent Gbagbo qui s'accroche au pouvoir et ses partisans. Le rapport final de la mission d'observation électorale de l'UE est sans appel. Selon l'eurodéputé Cristian Dan Preda (PPE, roumain), observateur en chef qui a présenté ce rapport mardi 25 janvier à Bruxelles, lors d'une réunion conjointe des commissions du Développement et des Affaires étrangères du Parlement européen, le scrutin est 'correct', les résultats sont 'crédibles' et ne nécessitent aucunement un recomptage des voix.
« Il y a eu certaines irrégularités dans l'organisation, ci où là des incidents, mais l'évaluation du scrutin permet de conclure que les élections se sont déroulées dans de bonnes conditions », a assuré M. Preda à la presse, en faisant état 'd'appréciations positives dans 95% des bureaux de votes'. Et d'ajouter: « Le scrutin est correct. Les résultats annoncés sont crédibles. La certification du processus [par l'ONU] correspond à ce que nous aussi avons pu voir sur le terrain. La décision du Conseil constitutionnel est une infraction à la loi ivoirienne, même un excès de pouvoir car la loi ne lui permet pas d'annuler une partie des résultats ». Or, le Conseil constitutionnel a modifié le résultat en annulant les résultats favorables à l'un des compétiteurs (16 % des voix) sans 'logique d'enquête ou d'identification des fraudes', mais dans 'une logique de négation'. Étant donné que la différence entre les scores proclamés par la commission électorale indépendante est de 400 000 voix (54% contre 46%),« je dirais qu'un recomptage n'est pas du tout nécessaire », a ajouté M. Preda estimant que le problème tient à « la gestion du scrutin par l'un des compétiteurs. Le seul qui ne veut pas accepter, c'est le Conseil constitutionnel, à la demande de M. Gbagbo ».
Pour l'avenir, le rapport final recommande entre autres de subordonner la nomination des membres du Conseil constitutionnel à un vote de l'Assemblée nationale, de rendre obligatoire la participation des anciens présidents aux délibérations du Conseil, de renforcer l'indépendance de la CEI, de consolider le code électoral pour le long terme, de clarifier le mode d'identification des électeurs. M.Preda a rappelé que les 120 observateurs européens (de l'UE, de la Norvège et la Suisse) ont été présents dans 5% des 20 000 bureaux de vote, un pourcentage supérieur à ce qui est d'usage (3%) pour disposer d'un échantillon statistiquement fiable. Et d'enfoncer le clou: « Tous les observateurs [et non les seuls observateurs européens: NDLR] ont jugé qu'il n'y avait aucune irrégularité majeure. Je crois que rien de significatif n'a échappé à nos observateurs ».
M. Preda regrette que le rapport final qui aurait du être remis aux autorités ivoiriennes à Abidjan ait dû être présenté à Bruxelles « à cause de problèmes de sécurité et de la situation confuse ». (A.N.)