Bruxelles, 27/01/2011 (Agence Europe) - Par la voix de son rapporteur Bernd Lange, le groupe des socialistes et démocrates au Parlement européen a accusé jeudi la Commission européenne de négliger la politique industrielle de l'UE. L'exécutif européen « a négligé pendant longtemps la politique industrielle. Nous ne pouvons pas développer une économie durable et compétitive sans une industrie saine et innovatrice. L'impact sur l'industrie des politiques commerciales, environnementales et structurelles doit toujours être pris en compte de telle sorte que ces politiques ne bloquent pas une autre », a expliqué le député allemand devant la commission industrie, jeudi 27 janvier. Son rapport sur la politique industrielle intégrée réclame la mise en place, au sein de la Commission, d'un groupe de travail pour améliorer la coordination entre toutes les politiques communautaires. « Le changement climatique, la démographie, la pénurie des ressources et la concurrence mondiale démontrent la nécessité d'une production durable. Nous devons surtout améliorer notre utilisation des ressources, qui expliquent 40% des coûts de production de l'industrie européenne, un chiffre beaucoup trop élevé. L'innovation et l'efficacité des ressources sont plus fructueuses que l'idée libérale de réduire les coûts de la main-d'œuvre », estime M. Lange. Adopté à l'unanimité des membres de la commission industrie, son rapport demande à la Commission d'accroître les fonds pour la recherche et d'améliorer les transferts de technologie. L'exécutif européen est aussi appelé à « faire des propositions contraignantes pour la mise en œuvre de ces objectifs, afin de donner la fiabilité à la planification industrielle européenne », ajoute M. Lange dans un communiqué, précisant que les partenaires sociaux et syndicats ont « un rôle actif à jouer ».
Rapporteur fictif pour le PPE, Françoise Grossetête salue un rapport qui « comble un certain nombre des lacunes » de la communication mise sur la table en novembre par la Commission. La députée française se félicite notamment de l'introduction dans le rapport du principe de réciprocité dans les échanges commerciaux entre l'UE et les pays tiers, et de l'adoption de son amendement relatif à la mise en place d'un mécanisme d'inclusion carbone aux frontières de l'UE dans le respect des règles de l'OMC. Un outil qui, selon elle, « permettrait d'éviter les délocalisations de bon nombre de secteurs industriels en dehors de l'UE ». (E.H.)