Bruxelles, 27/01/2011 (Agence Europe) - À l'approche du premier Conseil européen consacré aux questions énergétiques le 4 février prochain à Bruxelles, le groupe des Verts au Parlement européen, conforté par les anticipations à l'horizon 2050 de l'Öko-Institut de Berlin, plaide en faveur d'une action communautaire immédiate en matière de politique énergétique. Intitulée Vision 2050, l'étude conduite par trois experts - les docteurs Felix Matthes et Wiebke Zimmer ainsi que Hauke Hermann - présente de façon détaillée un scénario énergétique qui démontre comment l'UE peut atteindre un objectif de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 80-95% à l'horizon 2050, en précisant les enjeux et l'impact pour chaque secteur économique. Elle met également en avant les avantages considérables pour la sécurité énergétique de l'UE, notamment par la réduction drastique de sa dépendance énergétique.
« Ce scénario confirme que techniquement, nous pouvons respecter les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre que nous impose l'urgence climatique, et nous pouvons en tirer des gains importants, en termes d'emploi dans le secteur des technologies vertes comme de sécurité énergétique, en économisant sur nos importations 130 milliards d'euros en 2020, 260 milliards en 2030 et 455 milliard en 2050 », commente Claude Turmes, exhortant les dirigeants à prendre des décisions politiques « immédiates ». « C'est un moment crucial pour l'avenir climatique et énergétique de l'Europe. Les investissements d'ici 2020 seront décisifs pour déterminer le futur du secteur énergétique européen. Les économies d'énergie, les renouvelables et la modernisation des réseaux d'électricité doivent devenir des priorités européennes. C'est le message que nous attendons des dirigeants européens le 4 février », insiste le député luxembourgeois.
Pour Yannick Jadot, un nouvel élan est en particulier « indispensable » pour les économies d'énergie. « Sans nouvelles mesures concrètes, l'UE n'atteindra pas l'objectif de réduire de 20% sa consommation énergétique d'ici 2020. Le Parlement a récemment demandé que cet objectif devienne contraignant, et qu'un effort soit fait pour la rénovation thermique de nos bâtiments. Les dirigeants européens doivent suivre, au risque d'assumer le gaspillage de milliards d'euros, d'un million d'emplois, l'affaiblissement de notre industrie qui s'est positionnée sur ces marchés d'avenir et des factures énergétiques qui explosent », explique le député français.
Et l'Allemande Rebecca Harms d'avertir: « Retarder davantage l'action en matière d'efficacité énergétique et de renouvelables intensifiera le risque que l'UE perde du terrain face aux économies émergentes comme la Chine dans le secteur des technologies vertes ».
L'étude est disponible sur le site des Verts/ALE: http://www.greens-efa.org . (E.H.)