Bruxelles, 27/01/2011 (Agence Europe) - La troisième réunion de l'Agora citoyenne sur « les crises et les pauvretés » s'est ouverte, jeudi 27 janvier à Bruxelles, avec en toile de fond la pauvreté et le chômage, qui sont parmi les plus grands dangers et menaces pour chaque citoyen de l'Union. Des citoyens européens très proches des participants à ce rassemblement auquel assistaient des représentants d'ONGs, de la société civile organisée, des collectivités locales mais qui étaient également représentés au niveau européen par le Parlement européen, le Comité économique et social européen (CESE) et le Comité des Régions (CdR) (EUROPE n°10301).
Prenant la parole lors de la session plénière d'ouverture, le président du Parlement européen Jerzy Buzek (PPE, polonais) a expliqué que l'Agora citoyenne est un outil du dialogue entre les citoyens européens, le PE et le CESE: « C'est un moment très important parce qu'on revient aux racines de l'UE. C'est le lieu où la société peut exprimer ses problèmes, ses critiques. Il est donc essentiel pour nous tous d'avoir ce type de rassemblement ». Aussi pour que tous puissent exprimer leur solidarité aux plus démunis suite aux conséquences de la crise économique. Le nombre de personnes en situation de pauvreté a fortement augmenté en cette période, entraînant dans sa suite davantage de problèmes sociaux et des problèmes entre nations comme ce fut le cas avec la Seconde guerre mondiale, a noté Jerzy Buzek. « Il faut choisir une autre manière d'agir. C'est la raison pour laquelle nous sommes ici », a conclu le président du PE.
Pour Laszlo Andor, l'Agora est un exemple de démocratie participative. Tirant le bilan de l'année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion 2010, le commissaire à l'Emploi, aux Affaires sociales et à l'Inclusion a noté que pour trois quarts de nos citoyens (75% des sondés), l'UE a un rôle déterminant à jouer pour arriver à réduire le nombre de personnes en situation de pauvreté d'ici 2020. La plateforme contre l'exclusion et la pauvreté joue ici un rôle vital de coordination entre les différents partenaires pour lutter tous ensemble contre la pauvreté, a rappelé Laszlo Andor pour qui « la minorité des Roms, l'un des peuples les plus exclus, objet de préjugés et de toutes formes de discriminations, doit être aidée pour participer à la société ».
Le représentant permanent de la Hongrie auprès de l'UE, Peter Györkös, a encouragé ceux qui participent au dialogue actif entre institutions et société civile à mener à bien la lutte contre la pauvreté, une lutte qui trouve une place importante dans le contexte politique. Comment « coller » à la mise en œuvre réelle des objectifs de la stratégie UE 2020, a demandé Peter Györkös en avançant quelques éléments de réponse: « La codification du Traité, l'établissement de mécanismes permanents de lutte contre la pauvreté ou encore le semestre européen. La consolidation fiscale ne suffit plus pour lutter contre la crise ». La procédure à suivre est la suivante: « Après avoir stabilisé la zone euro, il faut se concentrer sur une croissance durable, bonne pour l'emploi et veiller à ce que les victimes de la crise puissent s'en sortir », a ajouté M. Györkös. En ce qui concerne les Roms, « qui sont la partie la plus vulnérable de notre société », la Présidence hongroise a la ferme intention d'arriver à un cadre européen pour eux d'ici la fin de son mandat. Il y aura une discussion structurée sur les Roms dans les différentes compositions du Conseil sur la pauvreté, le chômage et l'éducation, a annoncé Peter Györkös. Et de conclure sur l'invitation de la présidence hongroise « à entrer dans le dialogue pour que ces projets aboutissent ».
Introduisant le président du CESE Staffan Nilsson, Libor Roucek (S&D, tchèque) (qui co-présidait la séance d'ouverture avec Isabelle Durant (Verts/ALE, belge) a affirmé que dorénavant, PE et CESE seront en coopération étroite pour atteindre les objectifs en matière de lutte contre la pauvreté, le CESE étant l'assemblée la plus importante au niveau européen à cet égard.
D'entrée de jeu, Staffan Nilsson a dit le respect des conseillers économiques et sociaux européens pour le PE, « organe de prise de décision et coresponsable de toute la législation européenne ». La teneur de son message est qu' « il faut engager tout le monde pour une Europe durable, tout le monde a le droit de participer aux affaires européennes. Le Traité de Lisbonne promeut la participation des citoyens et des représentants des associations », a rappelé le président du CESE. « Le CESE veut être présent pour soutenir le dialogue avec la société civile et garantir une bonne représentation des différentes associations représentatives. Je suis convaincu qu'il s'agit d'un engagement politique », a conclu Staffan Nilsson.
Les travaux se sont poursuivis dans l'après-midi par trois ateliers parallèles portant sur: (1) la crise économique et financière et les nouvelles formes de pauvreté (présidente Jean Lambert, Verts/ALE, britannique) ; (2) l'impact de la crise économique et financière sur les flux migratoires et les processus d'intégration (président Frédéric Daerden, S&D, belge) ; (3) la crise économique et financière: l'accès des personnes précarisées à un mode de vie décent et durable - les défis pour le modèle de société (présidente Doris Pack, PPE, allemande). La conférence de consensus sur l'expérience du quotidien des personnes précarisées était présidée par Jérôme Vignon, ancien directeur 'protection sociale, inclusion' à la Commission. (G. B.)