Bruxelles, 27/01/2011 (Agence Europe) - Une procédure d'infraction va être formellement engagée contre la Suède pour cause de chasse illégale au loup en violation de la législation européenne relative à la protection de la nature. La décision, confirmée jeudi 27 janvier par la Commission, met à exécution la menace brandie le 18 janvier dernier par le commissaire à l'Environnement, Janez Potoènik (EUROPE n° 10295).
La lettre de mise en demeure qui va être adressée aux autorités suédoises les enjoint de respecter cette législation et en particulier la directive 92/43/CEE, dite directive Habitats. La Suède est épinglée pour avoir donné, le 15 janvier, le coup d'envoi de la chasse au loup, en dépit du mauvais état de conservation de cette espèce protégée et au mépris des préoccupations exprimées par la Commission lors des contacts noués avec Stockholm depuis juin 2010, y compris au niveau politique.
Les autorités suédoises reconnaissent que le loup est dans un piètre état de conservation et se sont engagées à y remédier. Pour autant, la Commission a des doutes sur l'opportunité de plafonner arbitrairement à 210 individus la population de loups dans ce pays, comme elle s'interroge sur l'autorisation donnée à la chasse d'une espèce strictement protégée sans respect des conditions très strictes prévues dans la directive pour l'obtention de dérogations et sans qu'ait eu lieu préalablement l'introduction de loups dans le pays pour améliorer le statut génétique de l'espèce. En outre, la Commission redoute le risque que la chasse au loup en Suède ne devienne pluriannuelle et déplore l'absence d'un plan de gestion de cette espèce menacée d'extinction.
Tollé chez les chasseurs. La Fédération européenne des chasseurs a aussitôt contesté l'action de la Commission en affirmant que « la chasse aux loups en Suède est légale. Selon la directive Habitats, la Suède a la possibilité d'autoriser la chasse de manière limitée et strictement contrôlée. Cette mesure de gestion a le grand avantage de résoudre le problème de la consanguinité tout en étant mieux acceptée que des mesures de conservation plus controversées telles que le déplacement des loups et leur implantation dans de nouvelles zones. » Trosten Mörner, président de l'Association des chasseurs suédois, enfonce le clou. Selon lui, « le principal problème pour les loups n'est pas leur nombre mais leur consanguinité et la faiblesse de leur statut génétique. Une translocation de loups de l'extérieur de la Suède doit avoir lieu, mais elle n'est possible que si on l'accepte au niveau local ». Or, « le loup est un problème majeur pour les personnes vivant dans les zones rurales ». Il appartiendra aux autorités suédoises de convaincre la Commission du bien-fondé de leur politique de conservation du loup. (A.N.)