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Bulletin Quotidien Europe N° 10303
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/tunisie

Mission de l'UE à Tunis et plein soutien à la transition

Bruxelles, 27/01/2011 (Agence Europe) - L'UE a dépêché mercredi 26 janvier à Tunis une mission de haut niveau, dirigée par Hugues Mingarelli, directeur opérationnel pour la zone Méditerranée-Moyen-Orient, pour s'enquérir auprès des autorités de transition, mises en place dans le cadre du changement politique fondamental, intervenu le 14 janvier dans ce pays, des besoins à satisfaire à court terme. Elle aura aussi à envisager à plus long terme une relance de la coopération sur de nouvelles bases avec l'offre d'un engagement financier et l'envoi d'experts pour appuyer les réformes politiques et économique envisagées.

La mission européenne prendra également contact avec les représentants des diverses forces politiques, la société civile et les syndicats. Elle aura également à examiner avec les responsables des trois commissions en place en Tunisie après la fuite de l'ancien président Zine el-Abidine Ben Ali, les conditions dans lesquelles l'UE pourra appuyer leur travail. Les tâches des trois commissions sont: 1) les réformes politiques immédiates et la légalité constitutionnelle ; 2) la corruption et les fraudes dont se sont rendus coupables l'ancien chef de l'État et ses proches ; 3) les responsabilités de la crise qui a bouleversé la vie de la Tunisie. Des entretiens sont prévus avec les anciens partis d'opposition politique, de l'UGTT, ainsi qu'avec les ONG de défense des droits et des libertés ainsi que l'Ordre des avocats et l'Union des journalistes.

Ces précisions, données dans un communiqué de presse au nom de la Haute représentante, ont été déjà livrées l'après-midi par le commissaire Stefan Füle devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. « Les premières mesures prises par le gouvernement de transition de la Tunisie vont dans la bonne direction », a-t-il estimé appelant à veiller à « la gouvernance, au respect de la primauté du droit et des libertés fondamentales, ainsi que des réformes économiques et sociales ». Il a rappelé que c'est sur cet aspect que butaient les négociations sur le « statut avancé ». La Tunisie revendiquait alors le droit de préserver son acquis, c'est-à-dire de maintenir un statu quo déjà mal accepté par la partie européenne. « L'UE est prête à soutenir le processus de transition, y compris l'organisation d'élections libres, transparentes et démocratiques, dès que les conditions seront remplies. Nous sommes prêts à offrir notre soutien politique, juridique, technique et matériel permettant de préparer et d'organiser ces élections ». Et aussi « l'adaptation de notre coopération financière pour répondre aux nouveaux besoins du pays et en renforçant notre soutien à la société civile tunisienne ». « Nous envisageons également d'autres mesures, que l'UE pourrait prendre pour soutenir la transition », a ajouté le commissaire qui a cité notamment « le gel des actifs et l'interdiction de voyager pour les personnes identifiées en coordination avec les autorités tunisiennes ».

Il a aussi indiqué que « la prochaine étape sera une visite au niveau politique », de Mme Ashton ou de lui-même, « dès que les circonstances le permettront ». Il a affirmé devant les parlementaires l'engagement à être aux côtés d'une Tunisie qui vient d'accomplir un « tournant historique unique » qu'il a rapproché de l'expérience vécue dans son propre pays. (F.B.)

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