Bruxelles, 26/01/2011 (Agence Europe) - L'UE et la Syrie ont décidé de former un groupe conjoint d'experts pour tenter de dénouer les nœuds qui empêchent Damas, depuis 2009, de signer l'accord d'association. De premières réunions sont envisagées dans les prochaines semaines.
La décision a été prise à la faveur de la visite du commissaire Stefan Füle, mardi, en Syrie, où il s'est entretenu avec les principaux responsables du pays - le vice-premier ministre en charge de l'Économie Abdullah al-Dardari et le ministre des Affaires étrangères, Walid al-Moallem - des relations euro-syriennes en général et de la signature de l'accord en particulier ainsi que de la situation dans la région. « Je suis venu à Damas avec un message clair: il est temps de signer l'accord d'association », a déclaré à la presse M. Füle.
Cette visite, qui devait avoir lieu en octobre dernier, avait été reportée en dernière minute. Le commissaire entendait alors finaliser sa tournée de présentation dans les pays dans son champ de compétences et sonder les intentions de ses partenaires avant d'amorcer une refonte de la politique de voisinage déjà annoncée. Damas demeure encore hors de ce cadre de relations, notamment par crainte d'une ingérence européenne dans ses affaires politiques internes.
Pour les Syriens, la crise a modifié les bases sur lesquelles a été négocié l'accord d'association et ils voudraient les réadapter. Ils disent aussi être convaincus que l'impact économique de cet accord, par lequel ils sont appelés à ouvrir leur marché, sera dommageable pour leur économie encore régie de façon rigide. L'UE a, à maintes reprises, affirmé son engagement à accompagner les réformes dans ce pays et des fonds lui ont été attribués à cette fin.
En réalité, le recul de Damas serait dû à un échec des réformateurs menés par le vice-premier ministre Dardari au profit de M. Moallem représentatif d'une « vieille garde » réticente à toute ouverture politique et économique. Les objections économiques s'ajoutent en effet aux réserves éprouvées par les dirigeants syriens d'offrir leur situation politique interne au regard des partenaires européens, lesquels mettent de plus en plus l'accent sur la nécessaire démocratisation dans la région. M. Füle a affirmé à la presse avoir assuré le ministre Moallem que « l'accord d'association n'était pas un instrument pour intervenir dans les affaires intérieures de la Syrie, mais pour aider à promouvoir le programme des réformes ». Le commissaire a cependant conscience que le contexte régional depuis la révolte des Tunisiens, qui sert déjà d'exemple aux Égyptiens et aux Algériens, ne facilitera pas la décrispation des Syriens.
M. Füle devait dans la foulée se rendre à Beyrouth mais sa visite a été reportée compte tenu de la situation politique interne (lire autre nouvelle). (F.B.)