Bruxelles, 26/01/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne a interdit, mercredi 26 janvier, le projet de concentration entre les compagnies aériennes grecques Olympic Air et Aegean Airlines, au motif que l'opération, qui visait à créer un « champion national » grec dans les transports aériens, aurait entraîné un quasi-monopole sur ce marché en Grèce, induisant « des tarifs plus élevés et un service de moindre qualité » au désavantage des consommateurs. Selon elle, les solutions offertes par les deux compagnies grecques pour résoudre ce problème n'étaient pas adéquates.
Selon le vice-président Almunia, qui a présenté personnellement le cas aux journalistes, la Commission a pris cette décision « difficile » pour « protéger les consommateurs ». Elle n'avait pas d'autre choix que d'interdire l'opération, qui, autrement, aurait abouti à un quasi-monopole (96% du marché du transport aérien grec) et aurait éliminé la concurrence sur 9 trajets importants (Athènes, Thessalonique, Héraklion, etc.) affectant 4 millions de passagers par an sur les 6 millions qui empruntent chaque année l'aéroport d'Athènes.
L'analyse de la Commission a montré, en effet, qu'après l'opération « il n'y aurait pas eu d'autres concurrents qui auraient pu intégrer le marché grec pour concurrencer les deux compagnies rassemblées», cela, malgré tous les efforts consentis depuis le 24 juin 2010 (date de notification de l'opération) pour résoudre ce problème, notamment en repoussant l'échéance de l'enquête. À cet égard, les deux compagnies avaient offert de libérer des créneaux horaires à Athènes ou dans d'autres aéroports, mais le commissaire a expliqué que ce n'était pas là une solution valable, étant donné que le problème - dans ce cas - n'était pas le manque de créneaux disponibles, mais les barrières à l'entrée induisant une impossibilité pratique d'accéder au marché pour de nouveaux entrants (ceux-ci avaient évoqué aussi les taxes trop élevées à l'aéroport d'Athènes).
Une solution proposée par la Commission aurait pu consister, par exemple, en la cession par les deux compagnies d'une partie de la flotte aérienne à de potentiels entrants sur le marché, mais la réponse n'avait pas été « positive ».
Après l'interdiction de la fusion entre Ryanair et Aer Lingus, en 2007, il s'agit de la troisième décision négative de ce type en six ans et la première depuis le début du mandat de M. Almunia en tant que commissaire à la Concurrence. (F.G)