Bruxelles, 26/01/2011 (Agence Europe) - Lors de la présentation mardi 25 janvier des priorités de la présidence hongroise dans le domaine des affaires intérieures, plusieurs députés ont déploré le manque de coopération du Conseil, qui refuse, selon eux, de les informer sur l'évaluation des progrès techniques nécessaires réalisés par la Roumanie et la Bulgarie pour accéder à l'espace Schengen. Selon le député portugais PPE Carlos Coelho « le Conseil nous informe très peu sur ses rapports techniques, il ne les a même pas transmis aux rapporteurs fictifs », a-t-il dit mardi matin. Les députés ont également soulevé le même problème avec les négociations du PNR - menées par la Commission sur mandat du Conseil - ayant débuté avec les États-Unis et devant se poursuivre en cette fin de mois avec l'Australie et le Canada. Sur Schengen, les députés ne disposent à ce jour que d'un rôle consultatif mais deviendront à terme compétents sur la révision du mécanisme d'évaluation de Schengen, en vertu du Traité de Lisbonne. Et c'est à ce titre qu'ils souhaitent être davantage associés aux travaux du Conseil et obtenir ses rapports d'évaluation. La demande est par ailleurs plus pressante depuis que la France et l'Allemagne ont indiqué dès la fin décembre que cette adhésion des deux pays à Schengen ne se ferait pas uniquement sur les critères techniques mais aussi politiques. Une position qu'a déjà critiquée Joseph Daul, chef de file du PPE au Parlement, qui, le 20 janvier dernier, a demandé des « règles claires, stables et identiques pour tous » et appelé notamment la présidence hongroise à récompenser « rapidement » les efforts réalisés par la Roumanie et le Conseil à « adopter une attitude à la fois constructive et responsable ». Comme l'a rappelé mardi matin le ministre hongrois de l'Intérieur, Sándor Pintér, la Roumanie a en effet jusqu'ici rempli les conditions techniques nécessaires pour accéder à la zone Schengen, mais la Bulgarie présente encore des lacunes sur la gestion de ses frontières terrestres. Or, a-t-il poursuivi, tant qu'il n'existera pas « de frontière Schengen entre la Roumanie et la Bulgarie, la Roumanie ne pourra pas rentrer ». Le ministre a rappelé les engagements de Sophia à régler son problème au plus vite, d'ici à la fin avril 2011, et « à ce moment-là, nous réévaluerons la situation », a assuré M. Pintér, insistant toutefois sur le fait que l'unanimité est requise sur ce dossier et qu'à ce stade, « on ne connaît pas encore l'impact de la position franco-allemande ». (O.L.)