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Bulletin Quotidien Europe N° 10302
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/pÊche

Réforme de la PCP et Maroc, plats de résistance du semestre

Bruxelles, 26/01/2011 (Agence Europe) - La réforme de la politique commune de la pêche (PCP), les plans de gestion pluriannuels des stocks de poissons, la prorogation des mesures techniques et la reconduction de certains accords bilatéraux de pêche (surtout UE/Maroc) sont les principales priorités de la présidence hongroise en matière de pêche. Les sujets pêche durant ce premier semestre de l'année sont assez nombreux. Pourtant, ils ne seront évoqués que lors des Conseil d'avril et de juin.

Carmen Fraga Estévez (PPE, espagnole), la présidente de la commission de la pêche du PE, a demandé à la présidence comment elle comptait s'y prendre pour débloquer les dossiers des plans de reconstitution anchois (golfe de Gascogne) et chinchard occidental. Elle a rappelé que l'accord de pêche avec le Maroc expire le 27 février prochain et qu'à partir de ce moment, la flotte communautaire devra quitter cette zone de pêche.

Sándor Fazekas, le ministre hongrois du Développement rural et président en exercice du Conseil, a rappelé mardi 25 janvier devant la commission pêche du PE que la Hongrie n'a pas une longue tradition en politique de pêche ou maritime, et estimé que cela peut être un avantage de ne pas avoir d'intérêts à défendre lorsqu'il s'agit de mener les travaux de l'UE. « Le présent et l'avenir de la pêche sont essentiels pour nous tous, et il faut garantir la durabilité et la viabilité de la politique de la pêche », a dit le ministre hongrois.

Réforme de la PCP. C'est la priorité numéro un. La Commission présentera fin mai un paquet de propositions législatives, et la présidence prévoit un débat sur ce dossier au Conseil de juin. Il faut, selon M. Fazekas, préserver les valeurs de la PCP et affronter les nouveaux défis. La pêche a un impact sur l'environnement marin, et « la préservation du milieu marin est un défi permanent pour l'UE ». Il faut aussi, selon la présidence, « développer l'aquaculture pour garantir l'approvisionnement du marché ».

Plans de gestion pluriannuels. Des divergences en matière de base juridique existent entre le PE et le Conseil sur les plans de reconstitution anchois et chinchard. La présidence fera tout ce qui est en son pouvoir pour trouver une solution acceptable pour toutes les parties. M. Fazekas a rappelé que le Conseil a demandé à la Commission de retirer sa proposition sur le plan anchois et de la remplacer par une autre. La Commission devra présenter prochainement des plans de gestion pour le saumon de la Baltique et pour les espèces pélagiques. Sur le plan des espèces pélagiques, M. Fazekas a souligné qu'il prendra en compte l'interaction entre les espèces: cabillaud (prédateur), hareng er sprat (proies). Il faut garantir un équilibre entre ces espèces, a dit le président en exercice.

Parmi les autres dossiers figurent l'extension de la période de transition pour certaines mesures techniques en mer du Nord et Atlantique (elle expire en mars !), l'effort de pêche dans les eaux occidentales et l'éventuel renouvellement de l'accord de pêche UE/Maroc. Sur ce dernier point, la présidence attend la proposition de la Commission et est consciente de la position critique du PE sur le problème du Sahara occidental (le Maroc est invité à prouver que l'accord profite aux communautés locales). Le PE doit aussi se prononcer sur l'accord UE/Chili sur la pêche à l'espadon. Le Conseil le soutient, mais pas la commission de la pêche du PE.

Pour Antonello Antinoro (PPE, italien), le discours de la présidence hongroise « nous remplit d'espoir ». Avant, les agriculteurs étaient pauvres et les pêcheurs riches, or actuellement, c'est l'inverse, a-t-il noté. Dommage que le secteur de la pêche se paupérise. Quelles actions comptez-vous faire pour que le pêcheur redevienne un véritable chef d'entreprise ? a-t-il demandé à M. Fazekas.

Ulrike Rodust (S&D, allemande) a noté que la Hongrie tient compte des préoccupations écologiques et a demandé au ministre de ce pays de fournir plus de précisions sur son programme de travail.

Pat the Cope Gallagher (ADLE, irlandais) a rappelé que la commission de la pêche a rejeté (15 voix contre 5) l'accord avec le Chili et a espéré que des progrès seront possibles en la matière. Il a évoqué aussi la régionalisation des décisions en matière de pêche (dans le cadre des débats sur la réforme de la PCP).

La durabilité à long terme des stocks doit être la priorité des priorités, a souligné Isabella Lövin (Verts/ALE, suédoise). Elle a rappelé que 72% de la planète est constituée d'eau et que l'UE est la deuxième flotte de pêche au monde. 70% des poissons consommés en Europe sont importés de l'extérieur de l'UE, « donc nous avons une grande responsabilité quant à la façon dont ces poissons sont pêchés dans le monde », et il faut assurer la présence de l'UE dans les organisations régionales pour promouvoir la lutte contre la pêche illicite, a dit Mme Lövin. Elle a appelé la présidence a lancé des initiatives (comme des conférences sur des thèmes comme les rejets, l'environnement marin) et à garantir la coopération entre ministres de la Pêche et de l'Environnement de l'UE. Un effort doit être fait aussi, selon elle, pour garantir au PE un accès aux informations.

Marek Józef Gróbarczyk (CRE, polonais) a souligné que l'avenir de la mer Baltique est important. Il ne faut pas oublier les poissons plats, à son avis.

João Ferreira (GUE/NGL, portugais) a demandé ce que la présidence comptait faire pour permettre des mesures de stabilisation du marché des produits de la pêche et de maintien d'un revenu approprié pour les professionnels.

Dans ses réponses, le président en exercice du Conseil a dit notamment qu'il fallait que les quotas de pêche soient respectés, qu'il faut trouver des solutions pour assurer « la stabilité, voire le développement du secteur de la pêche ». S'agissant des rejets (qui peuvent atteindre un tiers des prises), « il faut se pencher sur la question de la sélectivité des engins car ce n'est pas de bon cœur que les pêcheurs rejettent à la mer les espèces non commercialisables », a estimé M. Fazekas, qui parle d'un « problème très grave ». Ce sujet ne pourra pas être éludé lors des discussions sur la réforme de la PCP. Une conférence est prévue en mai sur ce thème, a indiqué la présidence. Sur l'accord de pêche UE/Maroc, le protocole arrive à expiration bientôt, nous attendons une proposition de la Commission. La présidence insistera sur le respect des droits de l'Homme, a dit le ministre hongrois. (L.C.)

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