Bruxelles, 26/01/2011 (Agence Europe) - Le gouvernement néerlandais se battra pour une « amélioration » de sa position de contributeur net lors des futures négociations sur le cadre budgétaire 2014-2020 de l'UE, a annoncé le Premier ministre Mark Rutte après une entrevue avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le 25 janvier à Bruxelles. Il a aussi plaidé pour un budget et des politiques européennes davantage ciblées sur la croissance économique et l'innovation ainsi que pour une nouvelle « directive services » permettant de créer un véritable marché intérieur des services. Sur tous ces sujets, M. Rutte peut compter sur le soutien du Premier ministre britannique David Cameron, qu'il a vu lundi à Londres.
Budget. Les contributions des États membres au budget européen devraient être « entièrement basées sur le revenu national brut », c'est-à-dire en fonction de la richesse du pays, a expliqué M. Rutte lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Barroso. Cette méthode est « simple, transparente et équitable », a dit le chef du gouvernement néerlandais. Pour l'instant, les Pays-Bas sont les plus grands contributeurs nets par tête d'habitant, a rappelé M. Rutte. Dans les prochaines discussions sur le prochain cadre budgétaire pluriannuel, l'objectif du gouvernement sera donc « d'améliorer la position des Pays-Bas ». Le Premier ministre a aussi plaidé pour un reciblage des dépenses européennes « sur la croissance, l'emploi, la prospérité » et sur tous les domaines où l'UE peut apporter une véritable « plus-value ». Interrogé par la presse à propos d'une éventuelle inquiétude suscitée par la position néerlandaise, le président de la Commission s'est efforcé de temporiser. Tout d'abord, il convient de remercier les Pays-Bas pour tout ce qu'ils ont fait et continuent à faire pour l'intégration européenne, a dit M. Barroso. Mais, a-t-il poursuivi, il serait erroné et dangereux de réduire l'appartenance d'un pays à l'UE à la seule contribution qu'il doit fournir à la caisse communautaire. « L'UE, ce n'est pas juste donner mais aussi recevoir » et, sur ce plan, les Pays-Bas ont aussi beaucoup bénéficié de l'UE et de son marché intérieur, a dit M. Barroso. Il est parfaitement normal que chaque gouvernement essaie d'obtenir le maximum lors des discussions sur le budget mais il est important que ce débat soit mené dans un esprit « positif » et que l'on présente le budget européen comme un instrument pour créer et financer une « valeur ajoutée » par rapport aux actions et politiques nationales, a-t-il dit.
Nouvelle directive sur les services. M. Rutte a aussi plaidé pour une « revitalisation » de la directive européenne sur les services. « Je pense que les services devraient faire partie du marché intérieur économique de l'UE », a-t-il dit, soulignant l'« énorme potentiel » de ce secteur pour relancer l'économie et accroître la compétitivité de l'UE. La directive services 'allégée' adoptée en 2006 après de très longues et difficiles discussions n'est pas suffisante et devrait donc être remplacée par la directive dite « Bolkestein » initialement proposée par l'ancien commissaire néerlandais en charge du Marché intérieur, Frits Bolkestein, estime le Premier ministre néerlandais libéral. Dans un entretien avec le quotidien britannique Guardian du 25 janvier, M. Rutte avait laissé entendre qu'il serait favorable à une « coopération renforcée » entre pays membres volontaires pour adopter une nouvelle « directive services » renforcée destinée à créer « un mini-marché pour tous les services professionnels ». Mardi, à Bruxelles, le Premier ministre a dit espérer que les 27 puissent s'accorder sur une révision de la directive mais n'a pas exclu le recours à la coopération renforcée. Pour rappel, la Commission européenne doit adopter ce jeudi 27 janvier un rapport sur la mise en œuvre de la directive de 2006 ainsi que sur les suites à donner à ce texte.
Immigration, Grèce. M. Rutte a aussi demandé que la clarté soit faite le plus rapidement sur les conséquences du récent arrêt de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) sur le renvoi de demandeurs d'asile vers la Grèce (EUROPE n° 10299 et n° 10300). « Cet arrêt démontre que l'UE a besoin d'un système européen commun d'asile », a-t-il dit devant la presse. Il a aussi plaidé pour qu'une « pression » soit exercée sur la Grèce afin qu'elle prenne les mesures nécessaires pour améliorer la situation humanitaire des réfugiés. (H.B.)