Bruxelles, 20/01/2011 (Agence Europe) - Sous le feu des critiques, en particulier allemandes, en ce qui concerne la gestion de l'immigration illégale, le ministre grec de la Protection des citoyens, Christos Papoutsis, a réitéré jeudi à Gödöllö lors de la réunion informelle des ministres de la Justice et des Affaires intérieures (JAI) la « détermination » de son gouvernement d'ériger au niveau de sa frontière avec la Turquie une clôture pour empêcher l'afflux de nouveaux clandestins sur son territoire, comme de trouver « une solution européenne » à ce problème, les missions de l'agence Frontex, notamment RABIT, se montrant « efficaces » mais insuffisantes, a dit le ministre.
Mercredi, l'Allemagne a en effet envoyé deux messages assez forts à la Grèce. Certains députés du groupe CDU ont d'abord tout simplement demandé le retrait de la Grèce de l'espace Schengen, la jugeant incapable de gérer ses frontières et de juguler les flux de clandestins. Le même jour, M. de Maizière, ministre allemand de l'Intérieur, annonçait lui suspendre pour un an le renvoi de demandeurs d 'asile vers la Grèce afin de l'aider à améliorer les conditions de rétention des clandestins sur son sol et à faire face à une situation actuelle
« préoccupante » et très « difficile »,.
Mais M. de Maizière a cependant exclu jeudi matin toute sortie de la Grèce de la zone Schengen puisqu'il n'existe « aucune base légale » pour le faire, a-t-il expliqué. À Gödöllö, le ministre grec devait donc faire preuve de fermeté et apporter des engagements tant sur les réformes nationales en cours des procédures de demande d'asile, l'Allemagne lui ayant demandé d'améliorer les conditions de rétention des demandeurs d'asile, que sur le volet de l'immigration clandestine. Sur ce dernier sujet, M. Papoutsis a pu par d'ailleurs rencontrer jeudi matin le ministre turc de l'Intérieur, Besir Atalay, également convié à l' informelle dans le cadre d'une discussion générale sur la gestion des frontières. Les deux hommes se sont notamment entretenus en bilatérale sur le projet de clôture grec et ont réaffirmé à l'issue de cet entretien leur parfaite « entente » et l'absence de tensions entre les deux pays.
Cette clôture n'enchante toutefois pas tous les États-membres, en premier lieu la Belgique pour qui
« ce n'est pas une solution », estime Melchior Wathelet et qui s'interroge sur l'avenir de la mission RABIT, qui doit à ce stade prendre fin le 1er mars. Car la Commission européenne s'interrogerait aujourd'hui sur un éventuel prolongement des missions Frontex, sans toutefois évoquer formellement RABIT. Et comme l'explique une source, certains États membres se « demanderont si l'argent mis à disposition des missions Frontex n'ira pas finalement au projet de clôture grec ».
En attendant, pour M. de Maizière, la Grèce a « une responsabilité spéciale » pour renforcer le contrôle aux frontières, a-t-il encore ajouté, et « si un mur peut aider, je ne vais pas la critiquer d'un point de vue allemand ». (S.P.)