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Bulletin Quotidien Europe N° 10298
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

Le veto franco-allemand se confirme sur l'élargissement Schengen

Gödöllö, 20/01/2011 (Agence Europe) - La Roumanie et la Bulgarie ont fait de « considérables » progrès en matière d'adaptation au système Schengen mais pas encore suffisamment pour pouvoir intégrer la zone à la fin mars 2011. Ce message, c'est le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizières, qui est venu le porter jeudi 20 janvier à ses collègues lors de la réunion informelle des ministres européens de la Justice et des Affaires intérieures à Gödöllö (Hongrie).

Rappelant la convergence de vues avec la France (dont aucun ministre n'avait fait le déplacement), M. de Maizières a confirmé l'opposition des deux pays quant à une entrée « prématurée ». Car si la Roumanie et la Bulgarie ont accompli de réels progrès sur le plan technique, a dit M. de Maizières, « l'accès à Schengen n'est pas seulement technique, il est aussi politique », a dit le ministre ajoutant ainsi officiellement aux critères techniques du dossier (l'adaptation des deux pays aux 7 domaines Schengen) les critères politiques de lutte contre la corruption et de réforme judiciaires, relevant eux du mécanisme de coopération et de vérification (CVM) mis en place par la Commission.

Un lien -et des exigences supplémentaires- contesté dès le départ par la Roumanie qui a déploré que l'on change ainsi les règles du jeu, les États membres devant initialement se prononcer sur les seuls aspects techniques du dossier. Et, dans ce domaine, la Roumanie a jusqu'ici plutôt réussi son examen de passage, en l'occurrence depuis que les deux pays ont intégré en novembre 2010 le Système d'information Schengen (SIS). La Bulgarie en revanche pèche à ce jour sur la gestion de ses frontières et, comme l'explique une source, la gestion de la frontière entre la Roumanie et la Bulgarie n'a pas non plus été réellement évaluée, ce qui rend impossible d'intégrer la Roumanie dans Schengen sans la Bulgarie.

Toujours est-il que l'annonce de M. de Maizières semble sonner le glas du projet de la Roumanie et de la Bulgarie d'accéder rapidement à l'espace Schengen, le ministre allemand confirmant ainsi implicitement le veto que poseront la France et l'Allemagne dans un dossier qui requiert le vote à l'unanimité des pays membres de la zone Schengen.

Jeudi, à Gödöllö, le ministre roumain de l'Intérieur Traian-Constantin Igas en a d'ailleurs intégré le principe, affirmant que son pays était « tout à fait prêt à rentrer » dans Schengen mais « il faut être réaliste et il est clair que l'on doit attendre ce que nous disent les autres pays ». Le ministre roumain a également jugé impossible que la Roumanie, sur les seuls critères techniques, puisse rentrer dans Schengen sans la Bulgarie, « nos deux pays étant partenaires », a-t-il affirmé.

La présidence hongroise aussi a commencé jeudi à faire marche arrière, assurant certes qu'elle cherchera à peaufiner une décision à la fois technique et politique d'ici fin juin mais comprenant également totalement « les exigences politiques de la France et de l'Allemagne », indiquait un porte-parole. Ce qu'a dit le ministre allemand « est tout à fait acceptable pour nous; nous ne le critiquons pas car c'est aux États membres de décider ». Quant à la définition d'un nouveau calendrier d'entrée des deux pays dans Schengen, la présidence estime « qu'il est encore trop tôt » pour en débattre. « On verra ce qui se dira dans les prochaines semaines », notamment lors du prochain groupe de travail « Schengen » du Conseil, le 28 janvier prochain, chargé d'évaluer les aspects techniques du dossier. (S.P.)

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