Bruxelles, 12/01/2011 (Agence Europe) - Le commissaire à l'Élargissement et à la Politique de voisinage, Stefan Füle, a reconnu le besoin d'une action rapide et équilibrée vis-à-vis du Bélarus. Les Biélorusses sont « nos voisins et partenaires » et la Commission européenne a le devoir d'agir « rapidement et d'une manière proportionnée », de manière à ne pas isoler les citoyens, a-t-il insisté, mercredi 12 janvier, lors de la réunion extraordinaire de la commission « affaires étrangères » du Parlement européen (AFET). La Commission européenne propose une approche qui garantirait « une ouverture envers la société et les citoyens » et « des mesures ciblées, y compris des sanctions, contre les autorités », a-t-il dit. Cette double approche, préconisée par ailleurs par l'opposition démocratique dont les représentants ont rencontré ce mercredi le président du Parlement et le Haut représentant de l'UE Catherine Ashton, comporterait deux volets. D'une part des mesures prioritaires 'négatives' pour obtenir une libération immédiate ainsi que la sécurité de tous les détenus, lesquelles incluraient l'interdiction faite au président Loukachenko et à d'autres personnalités de voyager dans l'UE. L'ultimatum à cet égard devait être lancé au régime par Catherine Ashton lors de sa rencontre, mercredi, avec le chef de la diplomatie de Minsk, Sergei Martynov. D'autre part, une série de mesures 'positives' en vue de soutenir la société civile. Celles-ci se concentreraient en particulier sur le soutien aux organisations non-gouvernementales (ONG), aux médias et aux étudiants, a précisé M. Füle. La Commission a déjà pris contact avec les États membres pour les inciter à accueillir, au sein de leurs universités, des étudiants expulsés. La Pologne organise le 2 février une conférence des donateurs alors que la Lituanie a annoncé son soutien à l'université biélorusse en exil à Vilnius. M. Füle a aussi soutenu l'introduction des facilitations en matière de délivrance des visas. Cette mesure devrait être « au top de notre agenda » sans pour autant qu'on fasse « un cadeau aux autorités », a-t-il souligné. Ultérieurement, l'UE devrait revoir le contenu du plan conjoint intérimaire négocié avec Minsk, réorienter l'assistance au titre de l'instrument de la politique du voisinage oriental (ENPI) vers le soutien à la société civile et élargir le débat au niveau régional, a précisé M. Füle.
Le président du PE Jerzy Buzek a demandé une révision des relations entre les institutions européennes et le Bélarus. «Après (le scrutin) du 19 décembre, la situation a changé. Nos relations doivent en tenir compte », a-t-il affirmé à l'issue de sa rencontre avec des membres de l'opposition démocratique (Aliaksandr Milinkievitch, Andrei Aliakandrau, Stanislau Shushkievich, et la fille du candidat présidentiel emprisonné Eva Nyaklyayev). Malgré les signes positifs enregistrés durant la campagne électorale, le scrutin n'a pas respecté les normes démocratiques, ont estimé dans une déclaration conjointe publiée après le débat les membres des commissions AFET, des droits de l'homme, de la délégation pour les relations avec le Bélarus et de la délégation à l'EURONEST du PE. Les députés ont estimé que la suspension des sanctions (y compris du gel des avoirs) devrait être conditionnée par la libération des prisonniers. Ils ont aussi appelé au renforcement de l'assistance financière à la société civile ainsi qu'à l'aide aux étudiants. Le PE décidera ce jeudi l'envoi d'une délégation à Minsk et débattra de la question biélorusse lors de la plénière la semaine prochaine. Pour l'opposition, M. Milinkievitch a appelé l'UE à une « action simultanée » pour libérer des détenus. « Il est urgent d'agir, ces personnes qui ont été tabassées n'ont aucun accès aux soins médicaux », a insisté Mme Nyaklyayev. Le chef de la délégation du PE pour les relations avec le Bélarus, le Polonais Jacek Protasiewicz (PPE), a estimé qu'après le 19 décembre « il n'y a plus de place pour le business as usual ». « Les discours émotionnels et le soutien moral ne seront pas suffisants (…) la question géopolitique clef est de savoir à qui profite le crime. Le déroulement des événements désigne la Russie », a insisté son compatriote Jacek Saryusz-Wolski (PPE). (A.By.)