login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10292
Sommaire Publication complète Par article 16 / 33
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/dÉfense commerciale

Bientôt la fin de la « guerre des chaussures »

Bruxelles, 12/01/2011 (Agence Europe) - La fin de la « guerre des chaussures » est proche. Les fabricants européens vont en effet renoncer à leur souhait de prolonger les droits de douane sur les importations de chaussures chinoises et vietnamiennes à dessus de cuir, mais exiger leur contrôle hebdomadaire.

La « guerre des chaussures », qui oppose les producteurs aux distributeurs et détaillants européens, devrait prendre fin avec l'expiration en mars prochain des droits de douane qui frappent depuis 2006 (après avoir été prolongés en 2009), à hauteur de 16,5% et 9,7% respectivement, les importations de chaussures à dessus de cuir en provenance de Chine et du Vietnam. Réunis sous la bannière de la confédération européenne de l'industrie de la chaussure (ECFI), les fabricants de l'UE, en grande partie basés en Italie, devraient en effet renoncer à leur souhait de prolonger les taxes sur les produits de leurs concurrents asiatiques, pour réclamer en échange un contrôle plus strict des importations, sur une base hebdomadaire. « Nous n'avons plus le soutien des gouvernements de l'UE et si nous continuons sur cette voie, nous perdrons à coup sûr. Mais nous avons décidé d'avoir d'autres garanties », a expliqué à Reuters le président de l'ECFI, Vito Artioli, après un entretien avec Karel De Gucht, lundi 10 janvier. M. Artioli a obtenu la promesse du commissaire au Commerce d'un contrôle strict des importations, vérifiant que la Chine et le Vietnam ne subventionnent pas illégalement leurs fabricants, ne distribuent pas des prêts d'État bon marché, ni ne violent les règles de propriété intellectuelle, autant de délits qui pourraient inciter de nouvelles mesures défensives à l'encontre de leurs exportations. Les services de la Commission européenne auraient assuré aux fabricants européens qu'ils soutiendront un projet de règlement pour un étiquetage obligatoire sur les chaussures importées. Les fabricants européens veulent également que la Commission presse la Chine d'ouvrir ses marchés aux chaussures haut de gamme produites dans l'UE.

Au Parlement européen, le Britannique Robert Sturdy (ECR) s'est aussitôt félicité de l'annonce des fabricants européens, saluant une « victoire pour le bon sens ». « À l'heure actuelle, les consommateurs et les distributeurs et détaillants européens doivent payer plus cher leurs chaussures en raison de ces droits, ce qui est aberrant du point de vue moral. Les tarifs protectionnistes de ce type ont nui aux détaillants tout en n'aidant pas à sauver les emplois au Sud. Beaucoup de fabricants ont tiré profit des chaînes d'approvisionnements globales pour externaliser la production de base qui, à long terme, a conduit à des emplois plus qualifiés dans l'UE dans la conception et la finition », insiste M. Sturdy dans un communiqué.

Le conflit opposant dans l'UE les fabricants aux distributeurs et détaillants dans cette affaire de dumping asiatique avait engendré un débat passionné au Conseil, entre États membres producteurs du Sud et de l'Est et libre-échangistes du Nord, trouvant son paroxysme dans une tentative de révision des instruments de défense commerciale de l'UE initiée par le prédécesseur de M. De Gucht, Peter Mandelson, qui dut renoncer à ses propositions de réforme face à une majorité d'États membres réticents. La « guerre des chaussures » a également vu la Chine initier contre les taxes antidumping européennes son premier recours à l'OMC. (E.H.)

Sommaire

JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES