Bruxelles, 11/01/2011 (Agence Europe) - L'Association européenne de l'Université (EUA) a publié un rapport analysant les derniers développements de la crise économique sur l'enseignement supérieur en Europe. Depuis 2008, l'EUA a publié plusieurs analyses sur la situation des universités et des établissements d'enseignement supérieur depuis l'explosion de la crise. Le présent rapport prépare le terrain pour la publication d'une grande étude sur le financement de l'enseignement supérieur en Europe, à paraître le 22 février prochain.
Le rapport souligne que la crise économique continue toujours d'affecter l'enseignement supérieur sur plusieurs segments. Non seulement les financements publics ont diminué dans plusieurs pays européens mais les pouvoirs publics sont également occupés à revoir la manière dont les fonds sont alloués aux universités. L'étude souligne par ailleurs que la crise a provoqué des répercussions sur l'enseignement supérieur de manière très différente et à des moments différents. Dans certains pays, notamment le Royaume-Uni, l'Italie et la Lettonie, les coupes budgétaires sont sévères, alors que, dans de nombreux autres pays, les établissements doivent se réorganiser pour s'adapter aux baisses de financements décidées par les autorités publiques (Irlande, Islande, Roumanie, Lituanie). Seuls quelques pays, à l'instar de la France, la Norvège et les pays nordiques en général, ont prévu une hausse des financements publics consacrés aux universités. Malheureusement, les experts ne sont pas très optimistes pour les mois voire les années à venir, les effets de la crise se faisant encore sentir, ce qui laisse craindre de nouvelles coupes budgétaires. De nombreux gouvernements adoptent des mesures d'austérité pour équilibrer leur déficit, et des conséquences sont toujours à craindre pour l'enseignement supérieur. Dans certains pays, les mesures affectent directement la structure du système. Par exemple, en Angleterre, une révolution est en marche, le financement direct des institutions étant progressivement remplacé par un financement indirect provenant des cotisations étudiantes, une hausse des frais liés aux droits d'inscription et une réduction des salaires du corps professoral. En Italie, en plus d'une baisse budgétaire d'un milliard d'euros prévue, les fonds alloués pour assurer l'employabilité des étudiants et les performances en matière de recherche diminueront également fortement. Évaluant les conséquences des coupes budgétaires sur les missions de l'enseignement supérieur, le rapport souligne que les effets sur la qualité de l'enseignement sont en moyenne plus importants (notamment par une réduction du corps enseignant) que les effets sur la recherche universitaire. Un sérieux problème à l'heure où la population étudiante est en augmentation. Enfin, en ce qui concerne l'autonomie des établissements, la demande croissante de justificatifs de la part des autorités publiques pour l'allocation de fonds a un impact négatif sur l'autonomie des universités et diminue leur liberté d'investir dans les activités qu'elles souhaitent. (I.L.)