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Bulletin Quotidien Europe N° 10291
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/dioxine

Du porc allemand contaminé - Les œufs congelés aux Pays-Bas sont sûrs

Bruxelles, 11/01/2011 (Agence Europe) - Chaque jour apporte son lot de bonnes et de mauvaises nouvelles dans l'affaire des œufs et de la viande contaminés par la dioxine en Allemagne et ses ramifications dans l'UE (EUROPE n° 10290). Au chapitre des mauvaises nouvelles, un taux de dioxine supérieur à la valeur limite autorisée dans l'UE (1 picogramme par gramme de gras de viande) a été trouvé mardi 11 janvier dans l'une des fermes bloquées en Allemagne, produisant de la viande de porc, en Basse Saxe. Tous les porcs seront abattus et leurs carcasses brûlées. C'est là le résultat d'un contrôle effectué sur deux fermes (dans la deuxième d'entre elles, le taux était conforme à la législation européenne).

Bonne nouvelle en revanche: les résultats de l'analyse du lot d'œufs transformés de la mi-décembre qui devait être expédié par les Pays-Bas au Royaume-Uni mais se trouve toujours congelé aux Pays-Bas, sont disponibles et rassurants: le taux de dioxine identifié de 0,23 picogrammes par gramme de gras est inférieur à la valeur limite fixée par la législation européenne (3 picogrammes par gramme). « Il est plus que vraisemblable que le taux des deux lots d'œufs liquides partis et mis sur le marché au Royaume-Uni est lui aussi inférieur », a commenté Frédéric Vincent, porte-parole de John Dalli, commissaire européen à la Santé et aux consommateurs. Mardi matin, l'Allemagne indiquait via le système d'alerte rapide pour l'alimentation humaine et les aliments pour animaux (RASFF) que 558 fermes étaient toujours bloquées sur son territoire, un progrès notable si l'on compare ce chiffre aux 4800 fermes bloquées à la fin de la semaine dernière, au pic de la crise. La plupart des fermes rouvertes produisent du lait et de la viande bovine. S'agissant de l'abattage des animaux suspects, « l'Allemagne considère que c'est aux fermiers de décider de détruire ou non les poules pondeuses au vu d'un examen de plusieurs semaines permettant d'établir si ces œufs sont contaminés ou non », a précisé à la presse Frédéric Vincent.

Comme convenu, l'Allemagne a eu l'occasion, mardi, de dresser à Bruxelles un état des lieux de la situation au sein du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale de l'UE. « Les États membres ont salué la gestion de la crise et posé beaucoup de questions », a indiqué le porte-parole. Mais, à ce stade, le représentant allemand n'a pas pu dire si la contamination était d'origine criminelle et si elle s'était produite en mars ou précédemment. Il reviendra aux autorités allemandes de l'établir. L'enquête judiciaire à ce sujet se poursuit. La délégation belge a présenté le système mis en place dans son pays en 2000 pour renforcer les contrôles de la dioxine en imposant un contrôle des graisses animales toutes les 200 tonnes. Le comité permanent reviendra sur le sujet la semaine prochaine. Le Conseil Agriculture du 24 janvier pourrait inscrire le sujet à son ordre du jour si la présidence hongroise en décide ainsi.

La Commission déçue par les fabricants d'aliments pour animaux - Les pourparlers qui ont eu lieu lundi entre la Commission (DG SANCO) et les fabricants d'aliments composés pour animaux n'ont, pour l'heure, pas donné grand-chose. Pour la deuxième fois, était débattue l'opportunité d'accords volontaires pour améliorer le contrôle de la chaîne alimentaire, voire d'une législation pour imposer la stricte séparation entre la fabrication de graisses pour l'industrie, et celle destinée à l'alimentation pour animaux. « Nous avons été un peu déçus par les propositions ou plutôt l'absence de propositions des industriels. On n'a pas senti un élan de proposition mais un sens aigu de la défiance des consommateurs », concède le porte-parole de M. Dalli.

« Les graisses sont envoyées à des industriels qui les mélangent et les envoient soit vers l'industrie (du papier) par exemple, soit vers l'industrie alimentaire. La contamination a eu lieu à l'étape du milieu. Comme dans les crises précédentes (2003 en Allemagne, 2006 en Belgique, 2008 en Irlande et de 2010 en Allemagne de nouveau), le mélange de graisses est parti dans la chaîne alimentaire. Quatre fois en dix ans, c'est plus que suffisant ! Dans les années 2000, l'Union européenne s'est dotée d'une batterie de textes législatifs sur l'hygiène alimentaire (dont la directive 2002/32/CE et le règlement 1881/2006). Il convient maintenant de les renforcer », a fait observer Frédéric Vincent. La Commission européenne tient à rappeler que c'est toujours à la faveur de crises que la sûreté alimentaire a progressé dans l'UE. (A.N.)

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