Bruxelles, 11/01/2011 (Agence Europe) - La Turquie reste « fermement attachée » au processus d'adhésion à l'Union européenne en dépit des problèmes et des « remarques décourageantes » qui proviennent de certains pays membres et du « pessimisme » qui règne en Turquie sur l'avenir européen du pays, a déclaré le ministre turc des Affaires européennes, Egemen Bagis. Le processus d'adhésion est le « plus important projet de modernisation (de la Turquie) depuis la création de la République » en 1923, affirme M. Bagis dans une déclaration publiée le 11 janvier à l'occasion du deuxième anniversaire de sa nomination au poste de négociateur turc en chef. Des « obstacles sérieux » ont empêché jusqu'ici la Turquie de progresser dans les négociations, dit-il. « 17 chapitres (des 33 à négocier) sont bloqués par certains États membres de l'UE pour des raisons politiques, ce qui est inéquitable et non-productif pour les relations Turquie-UE », souligne M. Bagis. Depuis le lancement des négociations d'adhésion en octobre 2005, seulement 13 chapitres sont ouverts aux négociations dont un seul (science et recherche) est déjà provisoirement clos. Huit chapitres sont suspendus depuis décembre 2006 en raison du refus de la Turquie d'ouvrir ses ports et aéroports aux Chypriotes (comme le réclame le protocole additionnel à l'accord d'Ankara sur l'extension de l'Union douanière aux nouveaux pays membres). D'autres chapitres sont bloqués par Chypre ainsi que par la France qui est contre l'entrée de la Turquie dans l'UE et qui s'oppose à l'ouverture de cinq chapitres directement liés à l'adhésion. Des 20 chapitres restants, seulement trois sont pour l'instant 'négociables', à savoir: politique de concurrence, marchés publics et politique sociale et d'emploi. « S'il n'y avait pas de blocage politique, nous pourrions ouvrir 12 chapitres à court terme et quatre autres à moyen terme. De même, nous pourrions fermer quatre chapitres à court terme et huit autres à moyen terme », estime le ministre turc des Affaires européennes. Malgré les circonstances difficiles, la Turquie a accompli ces dernières années des progrès qui ne doivent pas être sous-estimés. « La Turquie est aujourd'hui un pays plus libéral, transparent, fort, prestigieux et démocratique qu'elle ne l'était il y a deux ans ». Ankara continuera à travailler en faveur de l'adhésion « avec la même ambition, même si certaines déclarations et politiques de nos partenaires européens sont loin d'être encourageantes », conclut M. Bagis. (H.B.)