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Bulletin Quotidien Europe N° 10291
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Énergie

Barroso en Asie centrale pour concrétiser Nabucco

Bruxelles, 11/01/2011 (Agence Europe) - Le déplacement, en milieu de semaine, de José Manuel Barroso en Azerbaïdjan et au Turkménistan suscite de grandes attentes. De nouveaux engagements de Bakou et d'Achkabad en matière de coopération énergétique et de fournitures de gaz donneraient un nouvel élan aux projets de Corridor gazier Sud et de gazoduc Nabucco pour acheminer le gaz d'Asie centrale vers l'UE.

Programmé à la veille du premier Conseil européen consacré à l'énergie, le 4 février, le voyage en Asie centrale du président de la Commission européenne et de son collègue chargé de l'Énergie, Günther Oettinger, du 13 au 15 janvier, ne passe pas inaperçu. Déterminé à garantir davantage de sécurité énergétique aux Vingt-sept et réduire la dépendance de l'UE à l'égard des approvisionnements en provenance de Russie, M. Barroso veut en effet obtenir des « engagements clairs » de la part des présidents azéri Ilham Aliyev et turkmène Gurbanguly Berdymukhammedov que leurs pays alimenteront le gazoduc paneuropéen Nabucco, qui doit acheminer le gaz d'Asie centrale vers l'UE via la Géorgie et la Turquie.

« L'Azerbaïdjan et le Turkménistan sont les principaux partenaires de l'UE en Asie centrale avec lesquels nous voulons approfondir nos relations. Nous partageons un fort intérêt dans la sécurité et la diversification à long terme de l'offre et de la demande d'énergie. Je ferai donc le point sur la réalisation du corridor gazier sud, qui acheminera directement le gaz de la région caspienne aux consommateurs européens. Je suis sûr qu'ensemble nous créerons les conditions nécessaires pour que cette initiative stratégique prenne forme », commente le chef de l'exécutif européen, dans un communiqué publié mardi. Le 13 janvier à Bakou, M. Barroso doit signer avec le président Aliyev une déclaration conjointe sur la mise en place du Corridor sud. À Achkabad, M. Barroso cherchera à obtenir plus de clarté dans les engagements des autorités turkmènes, qui multiplient les signaux mitigés quant à la disposition du Turkménistan à alimenter Nabucco.

En dépit des doutes persistants sur la viabilité du futur gazoduc long de 3 000 kilomètres et d'une capacité de 31 milliards de mètres cubes par an, le président de la Commission n'en démord pas: le Corridor gazier Sud est une option majeure dont dispose l'UE pour assurer la diversification de ses sources et routes d'approvisionnement gazier (il repose essentiellement, à l'heure actuelle, sur la Norvège, l'Afrique du Nord et la Russie) et réduire sa dépendance à l'égard du partenaire russe. Aussi la Commission poursuit-elle ses efforts pour ouvrir le Corridor sud, auquel prennent part d'autre projets d'infrastructures tels que le pipeline Trans-Adriatique et l'interconneteur Italie-Turquie-Grèce, et créer les « liens physiques » entre l'UE et la région Caspienne, ont expliqué mardi des sources proches du dossier à la Commission. À ce stade, aucun contrat de vente de gaz n'a été signé pour alimenter Nabucco, mais les partenaires du consortium - l'autrichien ÖMV, le hongrois MOL, le roumain Transgaz, le bulgare Bulgargaz, le turc Botas et l'allemand RWE, qui détiennent chacun 16,67% des parts - sont en négociation pour des contrats gaziers avec l'Azerbaïdjan, le Turkménistan, ainsi que l'Irak. Initialement, le gaz doit provenir des champs azéris de Chakh Deniz, où les compagnies européennes engagées dans Nabucco sont en concurrence avec le gazier russe Gazprom.

La Commission est convaincue que l'Azerbaïdjan et le Turkménistan ont tout intérêt à vendre du gaz aux Vingt-sept, pour garantir leur sécurité de la demande, qu'assurent pour le moment la Russie et la Chine. Les deux producteurs d'Asie centrale ont un intérêt de disposer de plus d'un client, d'autant plus que les Vingt-sept sont disposés à acheter leur gaz à un prix plus élevé que celui fixé par la Russie. « Traditionnellement dépendant d'un itinéraire passant par la Russie, qui lui achète son gaz à bas prix, le Turkménistan veut une porte de sortie. L'Azerbaïdjan fait quant à lui face à l'obstacle géographique du Caucase s'il veut vendre plus de gaz à la Russie », ont expliqué marris les services de la Commission. Les promoteurs du Corridor Sud et de Nabucco, M. Barroso en tête, pourraient voir leurs certitudes renforcées en fin de semaine. (E.H.)

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